lundi, 30 novembre 2009
The Book Thief - Markus Zusak
Allemagne, 1939. La Mort est déjà à l'oeuvre. Liesel Meminger et son jeune frère sont envoyés par leur mère dans une famille d'adoption à l'abris, en dehors de Munich. Sur la route, la Mort rôde autour des enfants, réussit à s'emparer du petit garçon mais c'est la petite fille qu'elle veut. Durant l'enterrement de son petit frère, Liesel ramasse un objet singulier pour elle qui ne sait pas lire, un livre, 'Le manuel du fossoyeur'. Liesel, avec l'aide de Hans, son père adoptif, décide d'apprendre à lire. A mesure que l'Histoire avance, la Mort s'empare de nombreuses vies mais Liesel et ses livres continuent à lui échapper.
Un énième livre dont l'histoire a lieu pendant la seconde guerre mondiale, ouais bof me direz vous. J'avoue, c'était un peu mon état d'esprit en ouvrant ce livre. Je dis "un peu" parce qu'il y a quand même quelques détails de poids: les personnages appartiennent au "camp" allemand et c'est la Mort elle-même qui est la narratrice. Intéressant.
Par où commencer pour parler d'un livre qui m'a émerveillée à ce point? Les personnages y sont pour beaucoup, je pense.
Liesel, d'abord, est une petite fille maigrichonne et illettrée quand elle arrive à Himmel Street. La mort de son petit frère, l'enterrement à la va vite dans un cimetière enneigé l'ont profondément marquée. Elle fait des cauchemars, se réveille toutes les nuits après avoir mouillé son lit et trouve, à chaque fois, la présence chaude et réconfortante d'Hans Hubermann, son papa d'adoption. Le vol du livre au cimetière et la bonté d'Hans conduiront naturellement à des leçons de lecture nocturnes. Liesel entre doucement dans le monde des mots.
Rosa Hubermann, la mère d'adoption de Liesel est une grande et imposante femme qui passe son temps à jurer. Incapable d'appeler Liesel autrement que par des noms d'animaux, on devine un coeur en or sous une enveloppe pourtant rebutante. Rosa fait la lessive et le repassage des habitants d'Himmel Street pour aider son peintre de mari qui est connu pour ne pas adhérer au NSDAP, le parti nazi et pour repeindre les maisons des juifs recouvertes de slogans antisémites. Hans est un jew lover, ce qui est, évidemment, très mal vu.
~ Some facts about Hans Hubermann ~
He loved to smoke.
The main thing he enjoyed about smoking was the rolling.
He was a painter by trade and played the piano accordion.
~ Some facts about Rosa Hubermann ~
Her cooking was atrocious.
She possesed the unique ability to aggravate almost anyone she ever met.
But she did love Liesel Meminger.
Her way of showing it just happened to be strange.
It involved bashing her with wooden spoons and words, at various intervals.
Le niveau de vie des habitants d' Himmel Street n'est pas élevé. Chaque famille peine à joindre les deux bouts. Et pourtant, la joie de vivre des enfants est bien là, comme dans n'importe quelle rue allemande du moment qu'ils ont un ballon de foot, que peuvent-ils bien demander de plus? Liesel est un garçon manqué et une très bonne joueuse de foot, ce qui ennuie bien Rudy Steiner, son voisin du même âge, un garnement qui ne rêve que d'une chose: devenir Jesse Owens, le champion olympique américain et noir; ce qui est, bien sûr, mal vu par la jeunesse hitlérienne à laquelle il appartient, comme tous les jeunes de son âge. Rudy et Liesel deviennent inséparables et leur amitié devient plus profonde chaque fois qu'ils volent ensemble. Liesel a fini son premier livre volé et ne pense qu'à en voler un autre. C'est grâce à l'aide qu'elle apporte à Rosa en récoltant et distribuant le linge dans Himmel Street qu'elle découvre la bibliothèque de la femme du maire, une femme qui vit recluse depuis la mort de son fils sur le front de la première guerre mondiale.
Books everywhere! Each wall was armed with overcrowded yet immaculate shelving. It was barely possible to see the paintwork. (...) It was on of the most beautiful things Liesel Meminger had ever seen.
With wonder, she smiled.
That such a room existed.
Les mois, les années passent et la guerre fait toujours rage et se rapproche d'Himmel Street sous la forme de bombardements qui forcent les habitants à se réfugier dans les caves des voisins.
Entre temps, Hans, Rosa et Liesel cachent dans leur cave Max, un jeune homme juif dont le père mort pendant la première guerre mondiale a sauvé la vie d'Hans. Entre Max et Liesel, une profonde amitié va naître. Max tombera malade et Liesel lui fera la lecture pendant que la fièvre le terrasse et le rend inconscient; Max écrira et illustrera un livre pour Liesel; Liesel ne se demandera qu'une seule chose quand Max sera obligé de partir: est-ce qu'il est vivant?
Chaque personnage est incroyablement réaliste et attachant. L'histoire, sans prétention aucune, est une chronique de la vie d'Himmel Street qui s'étale sur 5 ans. L'écriture de Zusak est juste et terriblement touchante. L'originalité de ce livre, et ce qui m'a beaucoup plu, c'est la Mort, ce personnage omniprésent qui raconte l'histoire. La Mort est fascinée par Liesel qu'elle rencontrera trois fois. La Mort se révèle humaine dans ses propos, dans sa façon de nous regarder, nous humains, dans le regard qu'elle pose sur le conflit qui déchire le monde.
~ A small piece of truth ~
I do not carry a scythe.
I only wear a hooded black robe when it's cold.
And I don't have those skull-like facial features you seem to enjoy pinning on me from a distance. You want to know what I truly look like? I'll help you out. Find yourself a mirror while I continue.
La prose de la Mort est presque poétique quand elle raconte l'irracontable.
Summer came.
For the book thief, everything was going nicely.
For me, the sky was the colour of Jews.
When their bodies had finished scouring for gaps in the door, their souls rose up. Their fingernails had scratched at the wood and in some cases were nailed into it by the sheer force of desperation, and their spirits came towards me, into my arms. We climbed out of those shower facilities, onto the roof and up, into eternity's certain breadth. They just keep feeding me. Minute after minute. Shower after shower. (...)
I shiver when I remember - as I try to de-realise it.
I blow warm hair in my hands, to heat them up.
But it's hard to keep them warm when the souls still shiver.
L'évolution de Liesel au cours de ces cinq années, au cours des événements qui vont la façonner: les vols de livres, son amitié avec Rudy, Max, la douceur de papa Hans, le grand coeur de maman Rosa, les meetings des jeunesses hitlériennes, les bombardements, les prisonniers Juifs qui traversent Himmel Street pour se rendre à Dachau, les morts qui touchent les voisins. La petite fille illettrée devient au fil des pages cette adolescente qui prend peut à peu conscience des mots, des livres et de leur pouvoir. La maturité du message qui émane de ce livre a contribué a me le faire aimer.
She tore a page from the book and ripped it in half.
Then a chapter.
Soon, there was nothing but scraps of words littered between her legs and all around her? The words. Why did they have to exist? Without them, there wouldn't be any of this. Without words, the Führer was nothing. There would be no limping prisonners, no need for consolation or wordly tricks to make us feel better.
What good were the words?
Liesel écrira son histoire, la boucle est bouclée, la Mort récupérera le livre et le conservera précieusement jusqu'à leur ultime rencontre.
All I was able to do was turn to Liesel Meminger and tell her the only truth I truly now. I said it to the book thief and I say it now to you.
~ A last not from your narrator ~
I am haunted by humans.
The Book Thief est un livre simple et bouleversant dans ce qu'il a d'humanité et de vérité, dans son rapport aux livres, aux mots, dans sa narration qui en fait un livre à part. La Mort est une narratrice merveilleuse.
Le très bel avis de Lilly, touchée comme moi (je ne suis pas la seule à avoir mouillé le livre de mes larmes)
Lettre Z du Challenge ABC 2009
jeudi, 26 novembre 2009
I went to sleep for the daytime, I shut my eyes to the sunshine.
On m'a awardisée. Une récompense obscure qui fait le tour des blogs en ce moment. Je remercie beaucoup beaucoup beaucoup la très chouette Chiffonnette et l'inénarable Pandora. Je n'aime pas trop devoir choisir des blogs. Parce que j'aime tous ceux qui sont en lien ici et parce que ça peut donner l'impression qu'il y en a qui sont meilleurs que d'autres. Alors que pas du tout.
Ensuite, selon le règlement, il faudrait que je vous dévoile 7 choses sur moi. Oui, rien que ça. Hhm. Ça me plait moyennement ça aussi parce que je parle de mes lectures ici pas de moi directement. D'aucuns argumenteront (Erzie, si tu me lis...) qu'on parle énormément de soi à travers ses lectures. Oui. Mais là, on touche quand même un autre niveau.
M'enfin puisque ça fait partie du jeu:
1) quand je suis concentrée, très fatiguée ou émue je me tripote constamment l'oreille gauche. Ça fait 26 ans que ça dure, je pense que je suis foutue là.
2) je jure beaucoup. Dans les deux langues. On me donnerait le bon Dieu sans confession alors forcément, ça étonne.
3) j'ai fait de la danse classique pendant 8 ans et ça me manque beaucoup.
4) ma mère voulait que je joue du hautbois, ma prof de solfège voulait que je joue de la harpe, moi je voulais jouer du piano. Je ne joue que de la guitare. Je rêve de devenir batteur.
5) je voudrais une maison en Nouvelle-Angleterre et une maison blanche sur une plage californienne. J'ai des rêves sobres et on ne peut plus réalistes.
6) je suis incapable de ne boire qu'un seul verre (malheureusement)
7) je suis petite, je suis brune et j'ai les yeux bleux et bien évidemment je me voudrais tout autre.
Je suis sûre que cette note a révolutionné votre petit univers, je vous remercie de l'avoir lue et je vous parle très vite d'un livre merveilleux.
mardi, 24 novembre 2009
Veronika decides to die - Paulo Coelho
J'ai envie de dire, moi aussi I decide to die. J'ai lu ce livre à l'insu de mon plein gré pour le Borders Book Club que je retrouve demain soir (avec Louise) pour notre réunion mensuelle. Je ne peux décemment pas descendre le livre en flèche puisque c'est le livre préféré d'une des membres (et qu'elle est très gentille). Je n'ai pas envie de lui faire de la peine. Mais je n'ai pas non plus envie de la jouer pouces en l'air c'était d'la boulette ton bouquin. Il va falloir que je sois diplomate mais ça je sais pas vraiment faire.
Il parait que les Paulo Coelho c'est comme les Mary Higgins Clark: t'en as lu un, tu les a tous lus. Je ne sais pas si c'est vrai et je ne tiens pas vraiment à mettre cette théorie à l'épreuve parce que je ne prévois pas de lire un autre Paulo Coelho. 191pages, c'était déjà bien suffisant. Le bon côté c'est que ça se lit quand même très vite.
Veronika est jolie, jeune, intelligente, en bonne santé mais ça ne suffit pas. La vie n'ayant pas de sens, elle avale, un soir, des pilules pour mettre fin à ses jours. Elle se réveille le lendemain dans un hôpital psychiatrique où on lui apprend qu'ayant des dommages irréversibles à son coeur il lui reste une semaine à vivre.
Raconté comme ça, ce livre avait un potentiel exploitable, quelque chose de bon aurait pu en sortir. Seulement voilà, ça s'enlise dans le prévisible, dans le pathos larmoyant facile et convenu, dans les bons sentiments. C'est bien dommage. Veronika passe ses derniers jours dans un hôpital où les patients sont considérés comme fous par la société représentée ici par la ville de Ljubljana dont ils sont séparés par des grilles et des murs que certains ne veulent plus franchir. Car l'hôpital est un cocon, un monde apaisant, régulé par une routine rassurante, organisé par des personnes qui prodiguent soins et nourriture. Pourquoi quitter un tel lieu?
C'est ainsi que Veronika rencontre Mari, qui fait partie d'un groupe (The Fraternity) de personnes saines qui ont décidé de rester internées à Villete parce qu'elles refusent le monde extérieur. Mari ouvrira Veronika à d'autres choix, d'autres possibilités, elle lui ouvrira certaines portes. Ancienne avocate brillante, elle a connu des crises de panique (peut-être le seul point du roman traité avec réalisme) et a demandé elle-même à être internée, sa vie empirant, ses crises de paniques détruisant son couple. L'idée est bonne en soi mais j'ai quand même été assez sceptique quant au début de solution fourni à Veronika pour qu'elle commence à retrouver l'envie de vivre: se masturber allègrement devant un jeune homme schizophrène. Je suis dubitative.
She imagined herself both queen and slave, dominatrix and victim. In her imagination, she was making love with men of all skin colours - white, black, yellow - with homosexuals and beggars. She was anyone's and anyone could do anything to her. She had one, two, three orgasms one after the other. She imagined everything she had never imagined before and she gave herself to all that was most base and most pure. At least, unable to contain herself any longer, she cried out with pleasure, with the pain of all those orgasms, all those men and women who had entered her body through the doors of her mind.
Le jeune homme en question, Eduard, n'est évidemment pas celui qu'on croit et se trimballe un passé douloureux. Il se voudrait artiste mais ses parents, ne l'entendant pas de cette oreille, ont cru bon de l'interner pour le remettre dans le droit chemin. Il sera diplomate comme papa et en attendant, on va le cacher. Parce que ses délires de peintures mystiques qu'il voit sous marijuana et sobrement intitulées "Visions of paradize" ça va bien deux minutes. Lui et Veronika vont se rencontrer, se découvrir, se compléter. On voit venir le truc gros comme une maison.Et puis le livre regorge de clichés. C'en était presque douloureux. And the schizophrenic fell in love with the suicidal *instant émotion*
"What is the real 'I'?" asked Veronika.
The seemed surprise by the interruption, but he answered her question.
"It's what you are, not what others make of you."
C'est puissant. Avouez.
Le personnage du docteur Igor est sûrement le plus intéressant car ambiguë. On ne comprend pas tout de suite ses motifs. Malheureusement j'avais deviné la fin. Je n'aime pas ça. Ce qui m'a gêné, ce sont les raccourcis, le simplisme de la psychologie auxquels on a droit tout au long du livre. Les causes de la dépression sont réduites à raison commune et donc traitable de la même façon. Ben voyons. Veronika servant de cobaye, bien sûr. Comment redonner goût à la vie? Comment soigner des dépressifs, des schizophrènes, des suicidaires?Pourquoi est-on malheureux? Toutes les réponses sont dans Veronika decides to die.
The will was the main target of Biterness (or Vitriol, as Dr Igor preferred to call it). The people attacked by this malaise began to lose all desire and, within a few years, they became unable to leave their world, where they had spent enormous reserves of energy constructing high walls in order to make reality what they wanted it to be.
Une dépressive doublée d'une suicidaire qui reprend goût à la vie en 191 pages et une dizaine de jours... sérieusement?
Je vais mettre des gants (au moins trois paires) demain soir pour parler de ce livre. Ou rester silencieuse.

samedi, 21 novembre 2009
The New York Trilogy - Paul Auster
La première fois que j'ai rencontré Paul Auster (que je ne connaissais, à l'époque, que de nom) j'avais 17 ans, les cheveux plus ou moins bien coiffés, je portais des pantalons en velours côtelé à pattes d'éléphant, des tops à rayures et des vestes en grosse laine qui dataient des années 70 (j'avais une approche de la mode assez personnelle et plus qu'approximative) J'étais donc jeune et en terminale. La prof d'anglais (la meilleure prof d'anglais au monde, arrêtez de chercher) nous coachait comme une folle pour le bac et elle n'avait rien trouvé de mieux que de nous faire suer sang et eau sur un texte de Paul Auster extrait de The New Trilogy, The Locked Room. J'ai encore les images d'un dimanche après-midi passé chez une copine à travailler sur les questions du texte. Paul Auster, I loathed thee at that time. Il ne faut jamais rester sur de mauvaises impressions (enfin sauf pour Jane, elle est foutue la pauvre) et j'ai lu, il y a quelques années, The Book Of Illusions et je suis tombée amoureuse de Paul Auster en deux coups de cuillère à pot (j'aime beaucoup cette expression, elle me fait penser à un pot de crème glacée) Je ne pouvais pas passer à côté de The New York Trilogy, LE livre qui a révélé et consacré Auster.
Dans "City Of Glass", un auteur de polars,nommé Quinn devient le détective Paul Auster, à la suite d'une erreur téléphonique. "Dans Ghosts", un détective investit un appartement sans savoir ce qu'il doit observer. "The Locked Room" est une poignante histoire entre deux hommes. L'un disparaît, laissant l'autre devant la dure charge de s'occuper de ses écrits.
La trilogie prend une allure de quête métaphysique et la ville, illimitée, insaisissable, devient un gigantesque échiquier où Auster dispose ses pions pour mieux nous parler de dépossession.
Je ne sais pas vraiment comment parler de ce livre qui m'a touchée d'une manière très particulière. Je pense que le terme qui s'approcherait le plus de ce que j'ai ressenti est envoûtement. Il ne se passe pas grand-chose dans City Of Glass, ou plutot il se passe toujours la même chose: Quinn qui se fait passer pour Auster suit, observe, note les moindres faits et gestes d'un homme à travers Manhattan. On ne sait pas trop qui aliène Quinn, la ville, l'homme qu'il suit, la femme qui l'a engagé, lui-même... Il devient autre. A travers une enquête qui n'a rien de conventionel, Quinn se perd. Il oublie sa vie, ses habitudes d'auteur et s'interroge. On assiste à un dérapage. City Of Glass devient un monologue à la troisième personne sur le langage, le sens des mots, le pouvoir de l'auteur, le miroir des identités perdues, imaginées, abandonnées.
A language that will at last say what we have to say. For our words no longer correspond to the world. When things where whole, we felt confident that our words could express them. But little by little these things have broken apart, shattered, collapsed into chaos. And yet our words have remained the same. They have not adapted themselves to the new reality. Hence, every time we try to speak of what we see, we speak falsely, distorting the very thing we are trying to represent. It's made a mess of everything. But words, as you yourself understand, are capable of change The problem is how to demonstrate this.
Ghosts est un récit totalement surréaliste où un détective privé (Blue) est chargé de surveiller un homme, un écrivain visiblement (Black) pour un autre homme (White). Laissant derrière lui sa vie et sa fiancée, Blue s'installe dans un appartement et passe ses journées à regarder, dans l'immeuble d'en face, vivre Black. Il écrit des rapports régulièrement qu'il envoie à une boite postale. Ce qu'il pensait être une mission de quelques jours s'éternise. Les jours se transforment en semaines, en mois, en années. Blue ne sait pas pourquoi il est là et devient complètement obsédé par Black qui écrit à longueur de temps dont on finit par perdre la notion. Je suis devenue, comme Blue, totalement fasciné par Black, par sa mission, par l'absence totale de sens de toute cette histoire. La confrontation entre les deux hommes est terrifiante, j'étais subjuguée. Les identités sont, une fois de plus, perdues ou effacées, prétexte à une quête qui n'a plus de sens mais que les personnages ne peuvent abandonner.
In one sense, Blue knows everything there is to know about Black: what kind of soap he buys, what newspapers he reads, what clothes he wears, and each of these things he has faithfully recorded in his notebook. He has learned a thousand facts, but the only thing they have taught hom is that he know nothing. For the fact remains that none of this is possible. It is not possible for such a man as Black to exist.
Le narrateur de The Locked Room reçoit un appel de Sophie, la femme de son ami d'enfance, Fanshawe, qui a disparu, laissant derrière lui un fils et des manuscrits dont il charge le narrateur. Dernier livre de la trilogie, The Locked Room raconte l'histoire d'un homme qui peu à peu prend la vie d'un autre: le narrateur (un auteur à réputation moyenne) décide de publier lex textes de son ami qui connaitront un énorme succès. Il épousera sa femme et deviendra le père du petit garçon; pourtant, persuadé que Fanshawe est toujours vivant, il décice d'écrire sa biographie. L'écriture du livre le poussera à recolter des informations sur son ami d'enfance et c'est là que tout bascule. Les buts, les raisons, les conséquences des actions des personnages sont toujours plus ou moins floues mais ça n'est pas là que réside l'essentiel et le talent d'Auster qui, pour la troisième fois, nous raconte la dépossession de soi et la recherche d'identité(s).
All this came back to me as I sat down to write about Fanshawe. Once, I had given birth to a thousand imaginary souls. Now, eight years later, I was going to take a living man and put him in his grave. I was the chief mourner and officiating clergyman at this mock funeral, and my job was to speak the right words, to say the thing that everyone wanted to hear. The two actions were opposite and identical, two mirrors of one another. But this hardly consoled me. The first fraud had been a joke, no more than a youthful adventure, whereas the second fraud was serious, a dark and frightening thing. I was digging a grave, after all, and there were times when I began to wonder if I was not digging my own.
Je n'ai jamais lu de livre semblable à celui-là. The New Trilogy aurait très bien pu s'intituler "Variations autour de la quête de soi et du sens." C'est un livre saisissant, un livre qui parle du langage et des mots à travers la recherche infinie d'un sens qui échappe encore et toujours aux personnages et à l'auteur. La capacité des mots à déformer, façonner, détruire la réalité ou ce que nous pensons percevoir d'elle, de nous, des autres. Le pouvoir du sens des mots et des identités qu'ils portent. Sans parler de New York, ici sublimée, elle apparaît comme le personnage omniprésent mais jamais (ou très peu) nommé, représenté et qui avale ces hommes petit à petit.
Et puis la prose d'Auster... elle me désarçonne, elle m'enivre, elle me met dans un étan proche de la dépendance: poser mon livre me devient difficile voire insupportable. The New York Trilogy m'a littéralement subjuguée, j'ai avalé les pages en me délectant d'un tel travail sur les mots, sur le langage. Du métalangage sous couvert de quêtes, d'enquêtes policières qui n'en sont pas. Et puis qu'elle est la différence entre un auteur et un détective? Ne cherchent-ils pas la même chose finalement?
*Livre lu dans le cadre du Challenge ABC 2009, challenge que je ne finirai pas, en voilà une surprise.
**Livre également lu pour le Club Lire et Délire pour la rencontre du 21 novembre, aujourd'hui donc (à laquelle je n'assisterai pas puisque je suis une grenouille expatriée au pays des grands-bretons et que le club est toulousain (snif) mais Choupy (la kamikaze) se charge de lire mon résumé et mon avis) Lecture dont le thème était "un titre de livre avec un nom de ville dedans" (thème que j'étais chargée de choisir, ne me remerciez pas les filles)
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jeudi, 19 novembre 2009
Eternellement à toi, éternellement à moi, éternellement à nous
Le 6 juillet au matin
Mon ange, mon tout, mon autre moi-même, quelques mots seulement aujourd'hui, et au crayon (le tien) .
Ce n'est pas avant demain que mon logement sera définitivement arrêté .
Quelle misérable perte de temps pour de telles choses. Pourquoi ce profond chagrin alors que la nécessité parle ? Notre amour peut-il exister autrement que par des sacrifices, par l'obligation de ne pas tout demander ? Peux-tu faire autrement que tu ne sois pas toute à moi et moi à toi ?
Ah ! Dieu, contemple la belle nature et tranquillise les esprits sur ce qui doit être . L'amour exige tout, et de plein droit, ainsi en est-il de moi avec toi, de toi avec moi. Mais tu oublies si facilement que je dois vivre pour moi et pour toi; si nous étions complètement réunis, tu éprouverais aussi peu que moi cette souffrance.
Nous nous reverrons sans doute bientôt, aussi aujourd'hui je ne peux te faire part des considérations que j'ai faites sur ma vie pendant ces quelques jours, si nos cœurs étaient toujours serrés l'un contre l'autre, je n'en ferais pas de pareilles.
Le cœur est plein de tant de choses à te dire, Ah ! Il y a des moments où je trouve que la parole n'est absolument rien encore.
Courage! Reste mon fidèle, mon unique trésor, mon tout, comme moi pour toi; quant au reste, les dieux décideront de ce qui doit être et de ce qui adviendra pour nous.
Ton fidèle Ludwig.
***
Bon matin, le 7 juillet
Au lit mes pensées se pressent déjà vers toi, mon immortelle Bien-aimée, parfois joyeuses, puis de nouveau tristes, demandant au Destin s'il nous exaucera.
Vivre, je ne le peux qu'entièrement avec toi ou pas du tout, j'ai même résolu d'errer au loin jusqu'au jour où je pourrai voler dans tes bras et pourrai me dire tout à fait dans ma patrie auprès de toi, puisque, tout entouré par toi, je pourrai plonger mon âme dans le royaume des esprits.
Oui, hélas ! il le faut ,tu te résigneras d'autant mieux que tu connais ma fidélité envers toi, jamais aucune autre ne peut posséder mon cœur, jamais, jamais.
O Dieu, pourquoi faut-il s'éloigner de ce qu'on aime ainsi, et pourtant ma vie à Vienne maintenant est une vie misérable , ton amour a fait de moi à la fois le plus heureux et le plus malheureux des hommes.
Sois calme, ce n'est que par une contemplation détendue de notre existence que nous pouvons atteindre notre but, qui est de vivre ensemble.
Sois calme, aime-moi. Aujourd'hui, hier, quelle aspiration baignée de larmes vers toi, toi, toi, ma vie, mon tout !
Adieu, oh ! continue à m'aimer , ne méconnais jamais le cœur très fidèle de ton aimé L.
Éternellement à toi, Éternellement à moi, Éternellement à nous.
07:00 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
mercredi, 18 novembre 2009
L'élégance du hérisson - Muriel Barbery
Il y a des livres comme ça que vous ouvrez innocemment et qui vous font l'effet d'une caresse. C'est assez difficile à décrire. Quelque chose de doux, d'élégant, de raffiné et d'incoyablement simple à la fois. Quelque chose de discret et d'inoubliable.
Je n'avais aucune attente en commençant la lecture de ce roman, j'avais juste envie de lire en français, j'ai une très grande envie de lectures françaises ces derniers temps. Mon seul regret est d'avoir lu ce livre sur trois jours, entre deux avions, entre deux pays. D'un autre côté, le monde entier s'agitait autour et moi je m'en foutais royalement, j'étais installée dans ma caresse de lecture qui sentait bon les camélias et le thé au jasmin.
"Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.
Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. "
Comment parler d'un tel livre? Une amie m'a fait la remarque "une concierge aussi érudite, c'est n'importe quoi". Visiblement, elle n'a pas compris. L'élégance du hérisson, c'est une invitation à voir au-delà, quelque chose pour bousculer les habitudes, les images, le monde tel qu'on le voit, tel qu'on le perçoit. Ce n'est pas pour rien que Mme Michel se met à la phénoménologie, même si Husserl c'est un nom pour aspirateurs sans sac. Que percevons-nous du monde? Sommes-nous condamnés, comme l'affirme Paloma, au bocal à poissons? Que faire pour l'éviter?
Au fond, nous sommes programmés pour croire à ce qui n'existe pas, parce que nous sommes des êtres vivants qui ne veulent pas souffrir. Alors nous dépensons toutes nos forces à nous convaincre qu'il y a des choses qui en valent la peine et que c'est pour ça que la vie a un sens. J'ai beau être très intelligente, je ne sais pas combien de temps encore je vais pouvoir lutter contre cette tendance biologique.
Paloma a décidé de se cacher dans n'importe quel recoin des 200 mètres carrés de l'appartement de ses bobos de parents en observant le mouvement du monde, en écrivant des pensées profondes en attendant le jour de son suicide.
Nous ne voyons jamais au-delà de nos certitudes et, plus grave encore, nous avons renoncé à la rencontre, nous ne faisons que nous rencontrer nous-mêmes sans nous reconnaître dans ces miroirs permanents. Si nous nous en rendions compte, si nous prenions conscience du fait que nous ne regardons jamais que nous-même en l'autre, que nous sommes seuls dans le désert, nous deviendrions fous.
Mme Michel, elle, décide de vivre cachée au fond de sa loge, entre son chat, son amie Manuela et ses livres tout en prétendant être ce qu'elle n'est pas (une concierge bougonne, sans culture et qui passe ses journées devant la télé) pour qu'on lui fiche la paix.
Ce que Mme Miche et Paloma ne savent pas, c'est que ce sont des âmes soeurs et qu'elles tendent vers la même chose en ignorant tout l'une de l'autre.
La contemplation de l'éternité dans le mouvement même de la vie.
L'arrivée de Kakuro Ozu dans cet immeuble rempli de faux semblants, de marbre et de présomptions va bousculer la vie de Mme Michel et celle de Paloma, par ricochets. En quelques minutes, à peine, M Ozu a compris que Mme Michel n'est pas ce qu'elle prétend être. Au fil des pages, le hérisson se révèle à cet homme et nous livre des passages d'un délicieux raffinement et d'une beauté merveilleusement simple et vraie.
Oui, l'univers conspire à la vacuité, les âmes perdues pleurent la beauté, l'insignifiance nous encercle. Alors, buvons une tasse de thé. Le silence se fait, on entend le vent qui souffle au-dehors, les feuilles d'automne, le chat dort dans une chaude lumière. Et, dans chaque gorgée, se sublime le temps.
Je me suis sentie très proche de Paloma, dans ses réflexions, ses répliques, sa manière d'appréhender le monde. En 410 pages, Paloma va se découvrir, observer la vie autour d'elle avec un regard nouveau et différent et noter tout ça précieusement dans deux carnets, un pour ses Pensées profondes et un pour les Mouvements du monde. Jamais la chute d'un bouton de rose sur une tige cassée ne m'a paru aussi belle. Je relisais certains passages plusieurs fois et même à voix haute parfois.
Moi, en regardant tomber cette tige et ce bouton, j'ai intuitionné en un millième de seconde l'essence de la Beauté. Oui, moi, une mouflette de douze ans et demi, j'ai eu cette chance inouïe parce que, ce matin, toutes les conditions étaient réunies: esprit vide, maison calme, jolies roses, chute d'un bouton. Et c'est pour ça que j'ai pensé à Ronsard, sans trop comprendre au début: parce que c'est une question de temps et de roses. Parce que ce qui est beau, c'est ce q'uon saisit alors que ça passe. C'est la configuration éphémère des choses au moment où on voit en même temps la beauté et la mort.
Paloma rencontrera Mme Michel et, à travers des échanges, tacites ou signifiés, ces deux-là se comprendront. La main de Paloma dans celle de Mme Michel, la main de Mme Michel sur le bras de Kakuro qui sourit. Une invitation, une révélation, une rédemption.
Et je pleure, je pleure irrépressiblement, à chaudes et grosses et belles larmes de bonheur, tandid qu'autour de nous, le monde s'engloutit et ne laisse plus de sensation que celle du regard de cet homme en la compagnie duquel et qui, me prenant gentiment la main, me sourit avec toute la chaleur du monde.
L'élégance du hérisson, c'est l'histoire d'une quête. Une quête du sens, une quête de l'éternité, de la beauté dans nos vies, une quête de soi qui ouvre, logiquement et paradoxalement, sur l'autre, sur ce qu'on ne voit pas, sur ce qu'on ne soupçonne même pas.
En pensant à ça, ce soir, le coeur et l'estomac en marmelade, je me dis que finalement, c'est peut-être ça la vie: beaucoup de désespoir mais aussi quelques moments de beauté où le temps n'est plus le même. C'est comme si les notes de musique faisaient un genre de parenthèse dans le temps, de suspension, un ailleurs ici même, un toujours dans le jamais.
La beauté dans ce monde.
Cuné, comme moi, a été touchée et bouleversée; Erzie aussi mais dans une moindre mesure (c'est grâce à elle que j'ai reçu et lu ce livre. MERCI.)
mardi, 17 novembre 2009
The Mysteries Of Udolpho - Ann Radcliffe
Oui, enfin. J'ai fini ce pavé gothique le mois dernier et je me demandais comment j'allais bien pouvoir en parler ici, sachant que j'avais déjà fait un premier article alors que je n'avais lu que la moitié du livre. Je pense que le mieux est de tout reprendre du début.
Emily St Aubert explore le château mystérieux, chandelle à la main, à minuit. La menace (surnaturelle?) est partout présente. Les séquestrations, les tortures ne sont pas loin. Quel est le dessein du maître des lieux? Quels sentiments éprouve la jeune fille pour son tuteur et geôlier? Qui épousera-t-elle, après cette quête de soi à travers les corridors du château, qui ressemblent à ceux de l'inconscient? Ce n'est pas pour rien qu'un chapitre porte en épigraphe ces mots de Shakespeare: « Je pourrais te dire une histoire dont le moindre mot te déchirerait le coeur. »
J'ai refermé ce roman en m'exclamant "tout ça pour ça?!" The Mysteries of Udolpho contient près de 700 pages et Emily arrive au château d'Udolpho, perdu dans les confins des montagnes italiennes, après plus de 200 longues pages nous narrant la mort de sa mère puis celle de son père, le départ de sa Gascogne natale et son arrivée à Tholouse (je suppose qu'il s'agit de Toulouse) chez sa tante qui n'a pour elle ni tendresse ni pitié, le mariage de ladite tante avec Montoni, un sombre conte italien et enfin le voyage qui, sous l'initiative de Montoni qui veut retrouver son château, les conduira à Udolpho.
Emily gazed with melancholy awe upon the castle, which she understood to be Montoni's; for, though it was now lighted up bythe setting sun, the gothic greatnessof its features, and its mouldering walls of dark grey stone, rendered it a gloomy and sublime object.
La prose de Radcliffe est agréable et facile à lire. Bien que le livre ait été écrit à la fin du XVIII siècle, l'action se passe à la fin du XVI siècle, en pleine Renaissance, ce qui est importe beaucoup puisque les personnages sont (pour la plupart) encore pétris de moeurs, de pensées et de superstitions moyen-âgeuses. Le gothique étant lui même un style architecturale du Moyen-Age, il n'est pas difficile d'y lire ce que cette époque de l'histoire représente: un âge sombre en proie aux croyances les plus folles et aux terreurs irrationnielles.
A return of the noise again disturbed her; it seemed to come from that part of the room, which communicated with the private staircase, and she instantly remembered the odd circumstance of the door having been fastened during the preceding night, by some unknown hand. Her late alarming suspicion, concerning its communication, also occurred to her. Her heart became faint whith terror. Half raising herself from the bed, and gently drawing aside the curtain, she looked towards the door of the stair-case, but the lamp, that burnt on the hearth, spread so feeble a light though the apartment, that the remote parts of it were lost in shadow. The noise, however, which, she was convince, came from the door continued
Et les terreurs irrationelles, le livre en est rempli. Il existe, évidemment, une rumeur à propos du château d'Udolphe: la dame qui habitait les lieux, lasse et désespérée d'attendre le retour de son aimé, aurait disparu (on ignore comment) et hanterait, à la nuit tombée, les corridors et les bois autour du château. Emily s'évanouira donc plus d'une fois en rejoignant sa chambre ou en traversant le château alors qu'il fait nuit. Que fait-elle en Italie, de toute façon, alors que Valancourt, l'élu de son coeur, l'attend patiemment en France? Pourquoi le terrible et cruel conte Montoni la garde-t-il prisonnière? Que lui veut-il? Pourquoi le spouçonne-t-elle d'avoir assassiné sa tante qu'elle n'a plus le droit de voir? Qu'a-t-elle vu derrière le rideau d'une des chambres? La liste des questions et des doutes s'allonge considérablement au fil des pages.
Le roman souffre, pour moi, de longueurs inutiles. Mon intérêt s'est éveillé lorsque Emily, Annette, Ludovico et Dupont s'échappent d'Udolpho. Tout se produit, tout se bouscule dans les 200 dernières pages: le retour en France, l'arrivée de nouveaux personnages, un lien qui commence à se faire entre le début et la fin du livre, des bribes de réponses données au compte-gouttes puis carrément tout d'un coup. J'avais deviné une bonne partie du dénouement et les explications rationnelles justifiant les peurs et les terreurs d'Emily sont convaincantes mais finalement et paradoxalement un epu frustrantes, j'aurais aimé que le mystère ne soit pas levé sur certains faits.
L'intrigue bien qu'excellent s'étale sur un nombre indécent de pages et je n'ai pas vraiment compris pourquoi, ce qui est dommage car le gothique est vraiment un genre particulier qui me plaît beaucoup. Je mentirai en disant que je n'ai pas eu envie de balancer Emily dans les douves du château d'Udolpho. Je n'ai jamais vu quelqu'un pleurer autant, une mer de larmes, je me demande même si c'est physiquement possible. Heureusement que les personnages secondaires sont aussi bien imaginés et écrits, ils apportent de la légèreté et de l'humour au milieu des murs froids du château, au mileu des tombes de l'abbaye, au milieu des bois à ma nuit tombées qu'ils traversent en soutenant Emily qui s'évanouit ou se trouve mal quand elle ne pleure pas.
Le prochain gothique sera masculin et plus court ou ne sera pas, j'ai prévu de lire The Monk de Lewis, en espérant partager un peu plus de la frayeur ressentie par les personnages.
L'avis de Lilly.
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lundi, 16 novembre 2009
The X-Files - saison 8
L'heure est grave aux X-Files: Mulder s'est fait enlever sous les yeux de Skinner et il laisse derrière lui une Scully esseulée, éplorée et enceinte. Tu parles d'un guigne. La saison commence sur les chapeaux de roue: Scully trouve, dans son bureau une équipe d'agents dirigés par le nouveau chouchou du grand méchant Kersh (ah oui, Kersh le retour, dans cette saison) un certain agent Doggett, bien décidé à retrouver Mulder.

La rencontre entre elle et Doggett donne le ton: Doggett comprend très vite à qui il a à faire et se retrouve en face d'une Scully passablement énervée qui lui balance son verre d'eau à la figure.


Bien sûr, il est interdit de prononcer les mots "aliens" et "vaisseau" dans l'enquête ouverte pour retrouver Mulder: le FBI n'a pas besoin de se couvrir de ridicule. Scully l'a compris et tente de faire comprendre à Doggett qu'il perd son temps, il ne retrouvera pas Mulder en organisant une chasse à l'homme.
C'est en cela que la saison est, finalement, très très bonne (oui même sans Mulder d'amour), la relation entre Scully et Doggett est très intéressante. Scully se retrouve dans la peau de celle qui croit (elle a mis les chaussures de Mulder) et Dogget endosse le rôle du sceptique, il se révèle même encore plus sceptique et pragmatique que Scully aux débuts de la série (si si, c'est possible) Le duo fonctionne très bien: Doggett est empreint de qualités humaines qui manquaient chez Mulder (la diplomatie, la douceur et la patience) il a ses doutes mais se montre respectueux des connaissances engrangées par Scully au cours de ses années aux X-Files. Il garde un esprit ouvert et s'atachera très vite à Scully envers laquelle il développerra une attitude protectrice (Doggett est choupinou, j'avoue qu'il est difficile de ne pas l'apprécier)

Scully la croyante, convertie aux petits hommes gris et Doggett, l'ancien flic au passé chargé (son fils de 7 ans a été kidnappé) forment donc la nouvelle paire d'agents aux X-Files. Si les deux agents s'estiment et se respectent, ils ne s'ouvrent pas ni ne se confient l'un à l'autre. Doggett ne parle pas de son fils et Scully ne lui révèle pas qu'elle est enceinte. Doggett l'apprendra à l'hôpital, après lui avoir, une fois de plus, sauvé la mise.
Top 3 de la saison 8
Patience

*parce-que c'est la première enquête Scully-Doggett
*parce-que Scully met un point d'honneur à endosser le rôle de Mulder
*parce-qu'on commence à se dire que ce Doggett n'est peut-être pas si evil que ça

*parce-qu'on comprend pas trop ce qui se passe tout au long de l'histoire
*parce-que Doggett à la rescousse (encore)

*parce-qu'on rencontre l'agent Monica Reyes (et qu'elle est merveilleusement géniale et incroyablement cool)
*parce-que l'épisode procure cette sensation d'à fleur de peau
*parce-qu'on rencontre Reyes (je l'ai déjà dit, non?)
La saison 8 renoue avec les débuts de la série: de bons épisodes, bien écrits, bien interprétés avec des méchants très méchants, des créatures étranges et dégueus, des phénomènes inexpliqués intéressants. Et là où c'est fort, c'est que le duo Scully-Doggett marche bien, très bien même. Scully est énormément sur la défensive aux débuts. Froide et ne faisant absolument pas confiance à Doggett, elle le tient à l'écart de certains faits et à distance d'elle. Mais elle comprend bien vite qu'il n'est pas celui qu'elle croyait (le golden boy du grand méchant Kersh) et une relation de confiance et de de respect s'installera vite entre les deux agents.





La vie n'est pas un long fleuve tranquille pour Scully qui lutte pour avoir une grossesse normale. Evidemment, des tas de questions nous brûlent les lèvres: mais comment a-t-elle pu tomber enceinte, elle qui était stérile? qu'a-telle donc dans le ventre? et puis surtout: mais QUI est le papa? (la réponse est ici plus qu'évidente voyons)
N'imaginez surtout pas que je répondrai ici à ces questions. Je me contenterai d'affirmer que non, Scully n'accouche pas d'une horrible petite créature grise aux yeux noirs.




N'allez pas croire que, pendant ce temps, le Foxounet se la coule douce. Point du tout. Il est prisonnier d'un vaisseau spatial et sujet d'expériences sur son corps (malheureusement pas celles que moi, perso, j'aurais bien pratiqué) Si le Mulder nu n'est pas désagréable à regarder (litote), le Mulder presque nu sur un fauteuil de torture et souffrant le martyr c'est pas beau et ça fait mal.




Répliques mémorables de la saison 8:
DOGGETT: You know, Agent Scully... you're, uh, you're starting to remind me a lot of Agent Mulder yourself.
SCULLY: What did you put in me?! I'm going to get every last one of you bastards!
DETECTIVE ABBOTT: There's only four toes.
SCULLY: That's not an unheard of birth defect. Uh, no more rare than polydactylism.
DETECTIVE ABBOTT: What did she just say?
SCULLY: I feel like I'm stuck in an episode of Mad About You.
MULDER: Well, uh, yeah, but small technicality. Mad About You was about a married couple and we just work together.
SCULLY: Yeah, well, you know what I'm talking about.
MULDER: I've actually been out in the field with Agent Doggett and this, um, female Agent from New Orleans.
SCULLY: Agent Reyes.
MULDER: Yeah.
SCULLY: I like her.
MULDER: You're nothing at all alike.
SCULLY: Well, then neither are you and I.
MULDER: Anybody miss me?
MULDER: Well, just remember, boys, this is America. Just because you get more votes doesn't mean you win.
FROHIKE: You know, it's really not fair. You've been dead for six months and you still look better than me. But not by much.
MULDER: Melvin. I'd be a whole lot happier to see you if you'd just take your hands off my ass.
Le cas Mulder
Mulder brille par son absence tout au long de cette saison mais ça n'empêche absolument pas les épisodes d'être bien écrits, bien construits et bien interprétés. Tout est absolument bien mené et amené et la réapparition de Mulder fait de nouveau basculer la saison dans des épisodes consacrés à la mythologie, au fil rouge de la série. Son petit séjour chez les extraterrestres n'a pas altéré son entêtement, son obstination et son attitude insolente et spontanée qui se contrefout des règles et de la hiérarchie. En même temps, c'est pour ça qu'on l'aime, ce rebelle du gouvernement.
Le cas Scully
Elle porte toute la saison et toute la misère du monde sur ses épaules. Sa rencontre avec Doggett la sauvera quand même d'un grouffre sans fond dans lequel elle s'enfonce jour après jour. L'amour fait des ravages et l'abscence de l'objet de son affection fait de la vie de cette pauvre Scully un cauchemar sans fin, et elle est enceinte d'on ne sait quoi par dessus le marché. Les questions et les doutes sur sa grossesse sont latents et mettent Scully dans une position vulnérable. On n'est pas habitués à la voir autant flipper. Le personnage de Scully est donc au centre de cette saison et les scénaristes s'en sont admirablement bien tirés.
Le cas Doggett
Je l'aime beaucoup moi, John Doggett. Il enfile les chaussures de Mulder et il est tout simplement génial d'ambiguité aux débuts de la saison. On comprend vite que c'est un personnage honnête et intègre, digne de confiance et profondément marqué par la mort de son fils. Il a une manière très douce et dicrète à la fois de s'inquiéter pour Scully et de s'occuper d'elle. Doggett a un rôle ingrat qu'il sublime complètement par ses qualités humaines. Il s'efface doucement lors de la réapparition de Mulder, ne sachant pas très bien où est sa place ni en quoi consiste son rôle. La fin de la saison le met en pôle position pour la saison 9.
Le cas Reyes
Monica est cool. S'il y a un adjectif qui décrirait Monica Reyes, c'est celui-là. Elle est l'alter ego féminin, cool, marrante et barrée de Mulder. Elle arrive en fin de saison et se retrouve parachutée aux X-Files aux côtés de Doggett et la paire d'agents fonctionne très bien.
Bon alors, la saison 8, ça le fait ou bien?
Une saison sans Mulder (ou presque) c'est finalement très bien. Ça permet de donner un nouveau souffle à la série. De nouveaux personnages arrivent, Scully est mise en avant sous un jour différent et c'est très intéressant. On se demande ce que va donner la saison 9, la dernière de la série. Personnellement, je pense qu'ils auraient pu modifier la fin de cette saison et donnant les réponses qu'on attend et s'arrêter là, sur cette image.

La saison 9 a intérêt à faire ses preuves.
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jeudi, 12 novembre 2009
Où je fais le point sur les challenges
Je suis une créature faible et sans défense (et là, ceux qui me connaissent et m'ont déjà vue doivent bien se marrer mais je fais fi des moqueries) et je cède (trop) aisément à la tentation des challenges. Aux challenges, s'ajoutent les deux clubs de lecture auxquels je participe. J'aime me tirer dans le pied, je vous jure.
J'ai abandonné sans vraiment le commencer le Challenge Jane Austen. Les explications: les deux Jane Austen que j'ai achetés en vu du challenge n'ont pas fait parti des élus qui m'ont accompagné outre Manche (oh c'est ballot ça) (sentez ici ma profonde conviction) Je ne les récupérerai que ce weekend puisque je fais un passage éclair à Toulouse, donc trop tard. J'ai, par contre, regardé Persuasion (version ITV) et j'ai beaucoup aimé la manière de filmer, assez intime et l'interprétation de Sally Hawkins était très bonne. Les souvenirs de ma (douloureuse) lecture du roman en deuxième année de (feu le) DEUG sont revenus.
Défi Blog-O-Trésors. Je suis fière de constater que je n'ai plus que Tess of the d'Ubervilles à lire. Un challenge bien parti pour se finir donc. Incroyable.
Challenge ABC 2009. La honte. Je n'ai lu que:
-The New-York Trilogy, Paul Auster
-The boy in the striped pyjamas, John Boyne
-The High Lord, Trudi Canavan
-What Maise knew, Henry James
-The reader, Bernard Schlink
-The Book thief, Markus Zusak
(Re) Reading Harry Potter. Je me suis inscrite à ce challenge là sur un coup de tête et je ne le suivrai qu'à mon propre rythme (comprendre, quand ça me prendre de relire un Harry Potter)
Le challenge Wilkie Collins.J'ai depuis longtemps envie de continuer à lire Wilkie Collins, découvert il y a un peu plus de 5 ans maintenant. Le challenge est sans grande difficulté: lire un Wilkie Collins par an (et plus si affinités)
Le défi SF 2010 lancé par Geisha Nellie. J'ai choisi de lire trois romans dans trois genres différents: uchronie (Ponce Pilate, Roger Caillois) cyberpunk (1984, Orwell) et steampunk (Viktoria 91, Pierre Level)
Non? Si! J'ai décidé de participer au challenge initié par Théoma qui a eu la brillante idée de regrouper toutes les réponses à la question "quel livre aimerais-tu faire découvrir au monde entier?" Le minimum requis étant de deux livres, j'ai choisi de lire The catcher in the rye de Salinger et Titus Groan de Mervyn Peake.
Une année en Russie. Tout nouveau, tout beau, merci Pimpi. J'avais prévu de proposer ce challenge en début d'année prochaine, la Russie me fascine et j'ai envie de mieux la connaitre. Pas de contraintes, on lit ce qu'on veut, quand on veut, encore merci à Pimpi pour cette chouette idée.
Ajoutez à toutes ces joyeusetés les livres que je lirai pour le Club Lire et Délires (le cub de lecture le plus chouette du monde) auquel je continue de participer même si Toulouse est loin, je suis Toulousaine même expatriée à des milliers de kilomètres. Il y aussi le Borders Book Club qui se réunit une fois par mois...
La botte secrète (c'est pas faux) c'est d'arriver à caser les livres de sa PàL ou des livres qu'on a envie de lire dans tout ça.
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mercredi, 11 novembre 2009
The Princess Bride - William Goldman
J'ai assisté, le mois dernier, à la première réunion du Borders Book Club. Waterstone's est la librairie que je préfère ici (en dehors des très chouettes et utiles charity bookshops qui pululent) mais Waterstone's n'a pas de book club pour les lecteurs, tant pis. Je me contenterai d'accumuler les points sur ma carte. Le livre à lire pour la première réunion était The Princess Bride, film culte d'une génération. dont le livre (aux dires des membres du club est way better) Je l'ai regardé étant enfant mais je n'en ai aucun souvenir, ce qui m'a évité de comparer le livre et le film tout au long de ma lecture.
Buttercup, la plus belle jeune fille du monde (véridict) vit dans une ferme dans le pays fictif de Florin. Elle adore donner des ordres à un jeune valet de ferme, Westley pour qu'il exécute des tâches pour elle. La seule réponse de Westley est: « Comme vous voudrez. » Buttercup finit par comprendre que ce qu'il veut vraiment dire est « Je vous aime », et elle avoue son amour pour lui. Westley bientôt part pour chercher fortune afin qu'ils puissent se marier. Elle reçoit un message que le navire de Wesley a été attaqué par le terrible pirate Roberts, qui est connu pour ne jamais laisser ses prisonniers vivants. Cinq ans plus tard, alors que Westley est cru mort, Buttercup se fianceavec réticence avec le Prince Humperdinck, héritier du trône de Florin.
Avant leur mariage, Bouton d'Or est enlevée par un trio de hors-la-loi: un sicilien, génie criminel, appelé Vizzini, un espagnol maître d'escrime nommé Inigo Montoya et un gigantesque lutteur turc nommé Fezzik.
Un conte de fées qui s'amuse avec les règles du genre. On a pourtant tout les ingrédients (ou presque) la princesse blonde (oui, les princesses sont toujours blondes, c'est un fait), l'amoureux qui surpasse tous les obstacles pour l'amour de sa bien-aimée sur le point d'épouser un prince vil, cruel et égoïste qui a engagé un trio de choc pour se débarasser de sa fiancée et se servir de sa mort pour accuser le pays rival de Guilder et provoquer une guerre.
Buttercup est à baffer mais, malgré le titre du livre, elle n'est pas omniprésente et c'est ce qui fait de The Princess Bride est livre que je ne pouvais pas lâcher une fois commencé. Chaque personnage a droit à son heure de gloire et à sa propre histoire mise en avant. On découvre ainsi qu'Humperdink n'a rien du prince charmant, que le terrifiant pirate Roberts n'est finalement pas celui qu'on croit, que Buttercup n'a pas inventé le fil à couper le beurre (c'est une princesse blonde, ai-je besoin de le rappeler?), que Westley n'est pas tout à fait mort, que Vizzini n'est pas imbattable, que Fezzik peut se révéler plein de ressources et qu'Inigo-you killed my father, prepare to die-Montoya.
Les personnages dit secondaires sont ceux qui donnent son charme au roman. Inigo et Fezzik, un duo de bandits, volent la vedette au couple d'amoureux, Westley-Buttercup. Même si toute l'histoire tend vers un seul et unique but: sauver Buttercup, on découvre ce qui sous-tend la motivation d'Inigo Montoya, un grand personnage. Car voyez-vous, Inigo Montoya n'est pas juste le meilleur escrimeur du monde, c'est aussi un homme qui prépare sa vengeance depuis plus de vingt ans. Un mystérieux noble à six doigts a tué son père alors qu'il n'était qu'un enfant parce-qu'il n'était pas satisfait de l'épée que Domingo Montoya lui avait forgé. Inigo a ramassé l'épée, a appris à la manier et s'est appliqué à devenir le plus grand escrimeur de tous les temps avant de partir à la recherche du mystérieux noble aux six doigts qu'il rêve de confronter avec une phrase qu'il répète inlassablement "Hello. My name is Inigo Montoya. You killed my father. Prepare to die." Telle est l'unique raison de vivre d'Inigo. C'est aussi la raison qui lui fera rejoindre la cause de Westley quand il apprendra que le mystérieux noble qu'il cherche est le conte Rugen, le principal conseiller et confident du vil prince Humperdink.
Inigo ne serait cependant rien sans l'aide précieuse de Fezzik, un géant turc qui s'est résigné à apprendre la lutte à la demande de ses parents, fatigués et peinés que leur fils soit couvert de ridicule à cause de sa taille et de son grand coeur. Car oui, Fezzik ne ferait pas de mal à une mouche mais la vie n'est pas un champ de roses et chacun doit gérer sa destinée comme il le peut. Et puis Vizzini, le bandit chasseur de têtes qui a recruté Inigo et Fezzik, est à ne pas oublier. Comme Inigo, il a sa phrase fétiche et celle-ci se résume à une seule expression: "Inconceivable!" qu'il utilise un nombre incalculable de fois dès qu'il se trouve en présence d'un fait inconcevable. Ce qui fait, fatalement, péter les plombs à Inigo qui finit par lui rétorquer avec raison: "You keep using that word. I do not think it means what you think it means."
Le prince Humperdink non content d'être affublé d'un prénom ridicule a le comportement d'un petit garçon gâté. Tuer, traquer, chasser étant son passe-temps préféré, il s'est fait construire un Zoo de la Mort sur plusieurs étages sous son palais. Quand l'envie lui prend, il descend y faire un tour pour assouvir son besoin de tuer quelques animaux. Le Zoo sert aussi de "laboratoire" au conte Rugen qui y met au point une Machine infernale pour tuer. On l'aura compris, il s'agit de deux êtres profondément cruels et dont les portraits sont si caricaturaux qu'ils en sont presque ridicules.
Je ne peux décemment pas, ne serait-ce que brièvement, faire une note sur ce roman sans parler de Miracle Max qui trouve Westley mostly dead avant de se faire remonter les bretelles par sa femme pour le ramener à la vie. Encore une fois, le génie de ce livre réside dans les personnages secondaires qui insufflent humour et action à l'intrigue.
Le roman regorge de combats, de situations désespérées et pleines de suspens qui m'ont fait tourner les pages comme si ma vie en dépendait. Et puis, que voulez-vous, j'aime les duels à l'épee, surtout quand ils se déroulent au bord d'une falaise.
Les situations extraordinaires, innatendues et drôles dans lesquelles Inigo, Fezzik et le mystérieux homme en noir sous les traits duquel se cache Westley les amèneront à combattre le mal lui même en la personne du conte Rugen qui offrira une revanche étonnante à Inigo-you killed my father, prepare to die-Montoya. Le prince Humperdink en prendra pour son grade mais pas tant que ça finalement et Buttercup et Westley...
Je ne peux décemment pas continuer, ce serait gâcher la fin du livre qui s'ouvre sur de nouvelles aventures.
Dieu sait que j'étais frustrée de quitter Inigo et Fezzik, personnages finalement bien plus originaux et attachants que Buttercup et Westley. J'aimerais pouvoir ajouter des extraits du livre à cet article qui ne rend pas assez justice à l'engouement qu'a été le mien mais le coquin est parti en prêt chez Louise. Je ne saurai trop recommander de le lire. Inigo et Fezzik le méritent largement. Mais après tout, cela vous regarde. Westley vous dirait As you wish.
























