vendredi, 28 août 2009

I'm a quitter. I come from a long line of quitters. It's amazing I'm here at all.

bernard2.jpgFaut pas m'en vouloir. Je jongle entre The mysteries of Udolpho et Tales of ordinary madness (my sweet old dear Buk). On peut pas faire plus aux antipodes. Ajoutez à ça le fait que j'ai du mal à me concentrer en ce moment, sur quoi que ce soit. Signe chez moi (et sûrement chez beaucoup de gens) que quelque chose me ronge le cerveau. Je pourrais vous en dresser toute une liste mais j'ai d'autres choses à faire et, avouons-le ensemble, vous aussi. Mes états d'âmes ne s'étalent pas et ne s'étaleront pas ici. Long story short, lire sur de longues périodes relève de l'exploit ces dernières semaines. Mais je continue, infatigable, je m'avoue invaincue.
Pour le moment.

mardi, 25 août 2009

Je suis aussi une geek (parfois)

californication_2x1.jpgParce-que même si je suis très difficile en matière de série télé, certaines retiennent quand même mon attention. Taguée par Trillian, voilà:

 

 

As tu déjà reçu une série en cadeau?

Non. J'ai grandi dans une famille où la télé se résumait, pour moi, à regarder Ça Cartoon le dimanche soir puis des films quand j'étais ado. J'avais mes bouquins, mes jeux, mon frère, point. Mes parents n'approuvaient pas trop de me voir plantée devant la télé (qui n'était allumée que le soir quand ça en valait la peine) et devant une série  encore moins. La seule que je regardeais, quand je pouvais parce-qu'elle passait le midi, c'était La petite maison dans la prairie chez mes grands-parents.

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Arès il y a eu la Nounou

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As tu déjà pensé à écrire pour une série?

Pas vraiment. Par contre, j'ai longtemps voulu écrire à Chris Carter pour lui dire que les deux dernières saisons d'X-Files étaient une hérésie, un massacre et qu'il devait recommencer...

Que penses tu des spin off?

Je n'ai regardé que Joey et j'ai été plus que déçue.

As tu une série culte?

Je ne peux pas répondre. Il y en a deux ex-aequo dans mon coeur d'artichaut: The X-Files, pour plein de raisons et la première étant sûrement que c'est la première série que j'ai regardé et suivi en étant totalement subjuguée.

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Et Friends parce-que ça me fait mourir de rire (la VF est nulle par contre, c'est comme pour tout, je ne regarde plus qu'en VO) parce-que j'ai le même humour que Chandler et parce-que je ne m'en lasse pas (et qu'elle vieillit super bien)
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Aimes tu revoir les séries?

Oui. J'ai des envies de Buffy en ce moment, série que je n'ai regardé que d'un oeil. Je dois rattraper ça.

Aimes tu parler de tes séries préférés?

Oui et non. Ça me lasse vite, je préfère les regarder qu'en parler. Bizarre.

Comment choisis tu les séries que tu regardes?

Le bouche à oreille, les résumés que je peux lire, les acteurs qui jouent. Je pense me mettre à True Blood. Mon amie Louise ne m'en dit que du bien.

Une série inavouable que tu as suivis ou que tu suis?

Même pas. Grey's Anatomy à la limite tellement c'est tarte.

Des moments préférés pour regarder une série?

Le soir dans le noir (oui bon hein)

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Télé, DVD ou ordi?

Si j'avais à choisir: télé. Mais j'en ai pas, donc je les regarde sur mon ordinateur mais ce sont des DVD (tout le monde a suivi?)

Manger en regardant une série?

Sans problème.

Si tu t'ennuies pendant un épisode va tu au bout?

Normalement oui. Mais je n'ai pas souvenir d'avoir regardé des premiers épisodes nuls.Je me suis déjà ennuyée devant X-Files (ça arrive, y'a des épisodes merdiques) mais je continue quand même, je sais que ça me plait. Nulle série n'est parfaite, la déception fait partie du truc.

Tu suis quoi en ce moment?

The West Wing

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et la cinquième saison de Grey's Anatomy, qui est une grosse daube, je sais même pas pourquoi je regarde.

Quelle est la première série que tu as adoré d'amour?

The X-Files. Ah bah tiens, on s'y attendait pas à celle-là.

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Une série que tu as envie de faire connaitre?

Californication parce-que c'est bien écrit, que c'est drôle et percutant et que les personnages sont tous attachants et géniaux. Et parce-que Hank Moody, Hank Moody, Hank Moody. Rien que ça c'est un argument de vente (il y a aussi le fait que je tuerais pour une nuit avec lui mais là je m'égare dangeureusement)

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The West Wing, c'est BIEN et intelligent, j'apprends beaucoup en la regardant, sautez le pas les enfants!

Blackadder, une série anglaise culte et qu'on ne présente plus. Casting de rêve pour une comédie: Rowan Atkinson, Hugh Laurie et Stephen Fry. Blackadder comprend 4 saisons correspondant chacune à une époque différente (XV, XVI, XVIII-XIX et XX siècles) On y suit les aventures de Blackadder (Rowan Attkinson) et de son domestique Baldrick, tous les deux incarnants la descendance de leur personnage au fil des siècles. C'est hilarant, c'est anglais, c'est signé Richard Curtis et Rowan Atkinson. Un avant-goût.

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Black Books, une fantastique série anglaise (seulement 3 saisons, une HONTE) qui raconte les aventures de Bernard Black un libraire misanthrope, cynique et amer, amateur de livres, d'alcool et de cigarettes, de Manny, son bookhop assistant philanthrope et barbu et de Fran l'alter ego féminin de Bernard qui essaie, envers et contre tout (et contre elle-même) d'avoir une vie normale: tout cela dans le cadre de la librairie "Black books" unique en son genre de Bernard. La série a été créée et écrite par Dylan Moran, un comique irlandais qui me fait hurler de rire (Erzébeth, il FAUT te procurer ça tu vas adorer, c'est exactement le genre d'humour dont tu raffoles) Une vidéo compilant quelques uns des meilleurs moments de la première saison, dédicace toute particulière pour Erzie.

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The X-Files aussi, qui est connue de nom et trop souvent synonyme de préjugés qui se révélent infondés (je dis ça je dis rien)

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Je taggue personne et tout le monde.

dimanche, 23 août 2009

The Chronicles of Narnia "The Magician's Nephew" - C.S. Lewis

narnia.jpgII était une fois, à Londres, au début des années 1900, la petite Polly qui vivait une vie tranquille, jusqu'au jour où elle rencontre son nouveau voisin, Digory. Héla, Digory vit avec sa mère malade - son père est parti aux Indes- et un vieil oncle à moitié fou. Et s'il était plutôt magicien? II propose aux deux enfants d'essayer des bagues magiques qui doivent les transporter dans un monde inconnu. Projetés au milieu d'une merveilleuse forêt, les deux amis découvrent qu'en sautant dans chacune des mares de la forêt, ils atterrissent dans un monde différent. Malheureusement tous les mondes ne sont pas heureux. Dans l'un d'entre eux ils trouvent une sorcière maléfique. Elle les suit dans le monde le plus enchanté qu'il leur est donné de découvrir: le monde de Narnia. C'est une terre entièrement neuve, un paradis qui naît sous leurs yeux: des animaux innocents apparaissent, des plantes délicieuses poussent, dont cet arbre magique, porteur d'un fruit qui pourra peut-être guérir la mère de Digory.

Ça faisait un moment que je voulais lire ce monument de la littérature jeunesse que sont les Chroniques de Narnia.  J'ai eu la chance de dégoter l'intégralité des 7 chroniques dans une superbe édition et ce pour une bouchée de pain chez Oxfam (Dieu bénisse les charity shops qui pululent ici) Je n'ai pas été déçue du voyage au cours de cette première chronique.

Malheureusement ou heureusement, je ne sais pas encore, je connaissais déjà l'existence de Narnia à cause du film The Lion, The Witch and The Wardrobe, la seconde chronique de Narnia que j'étais allée voir au cinéma. The Magician's Nephew pose les bases de toutes les chroniques, une sorte de genèse de Narnia.

L'écriture de C.S. Lewis se lit comme un clin d'oeil permanent à ses lecteurs que sont les enfants à qui il destine cet ouvrage. Les adultes y sont perçus comme des personnes incapables d'entrer dans la magie et le merveilleux, parce-que ça n'existe pas voyons. Les seuls qui osent s'y aventurer sont considérés comme fous par les autres. Ainsi, le magicien lui-même, l'oncle de Digory est traité de fou par toute sa famille.

Il est au contraire assez intelligent pour avoir compris que d'autres mondes existaient en dehors du nôtre. Trop peureux pour s'y aventurer, c'est Digoy et Polly qui, tels des Alice en herbe, découvriront les multiples possibilités qui s'offrent à eux. C'est à Narnia qu'ils s'arrêteront et que tout commencera: devant leurs yeux ronds et ébahis, Aslan, un lion superbe, terrifiant et majestueux donnera, par sa simple parole, vie à Narnia et à ses créatures. Bien sûr, tout cela n'est pas sans rappeler la Création biblique. Mais c'est justement sur cette analogie là que se base toute la dernière partie de The Magician's Nephew. Digory, appelé fils d'Adam par Aslan, est chargé d'aller chercher une pomme au milieu d'un jardin en haut d'une colline. Si Digory respecte le fait de cueillir la pomme et de ne pas la manger, la Sorcière elle, en croque une, ce qui aura pour effet de la rendre blanche, superbe et encore plus puissante. Le Mal est définitivement ancré dans Narnia.

The Magician's Nephew est très court (à peine 109 pages) mais crucial pour la suite des Chroniques. Digory et Polly, enfants de notre monde, sont les témoins de la naissance de Narnia mais sont responsables du Mal qui vit désormais sur cette terre paisible et pacifique. Ce sera donc à d'autres enfants de notre monde de réparer cette erreur.

The Chronicles of Narnia est une merveille, un livre intelligent capable de transporter. Il se doit de figurer dans le Panthéon des classiques, au même titre qu'Alice.

vendredi, 21 août 2009

The West Wing, la révélation

1WESab00cast.jpgDans l'aile ouest de la Maison Blanche: les bureaux des conseillers du Président Jed Bartlet. Une joyeuse et efficace équipe de Démocrates qui travaillent jour (et nuit très souvent) pour mener à bien le premier mandat.

J'étais plus que sceptique quand mon English a tenté de me convaincre que c'était un bon achat.
Il avait entendu parler de la série, moi non.
Il voulait tenter le coup en achetant la première saison, moi non.
J'ai sauté le pas, en grommelant (je grommelle très bien) Nous en sommes à la saison 2 et je suis accro.

La politique n'est pas un sujet qui m'attire et la politique américaine encore moins. J'ai passé trop d'heures à plancher dessus en cours de civi à la fac pour bondir de joie yay let's get crazy and watch The West Wing. Cependant, je dois avouer que, lorsque traité d'un point de vue objectif, elle est un sujet intéressant qui permet de comprendre beaucoup de choses aujourd'hui sur l'attitude des États-Unis et sur leur manière de penser et d'agir.

La série a un effet nostalgique sur moi, elle me rappelle le premier semestre de ma première année à la fac où, pendant les cours de civilisation américaine, je tentais de comprendre le système politique américain, les check and balances, les primaries etc.
Il m'a fallut trois ou quatre épisodes pour bien me mettre dans l'ambiance: ça va à toute vitesse au début, ça parle, ça marche, ça court, ça passe des coups de téléphone, ça discute à tout bout de champ dans une drôle de langue et je ne parle pas des personnages. J'ai passé tout le premier épisode à demander à mon English mais c'est qui Leo? le frisé ou le brun? et Josh? rah je sais plus, je suis perdue! On s'y fait très vite et surtout: on s'attache très vite.

Ladies and gentlemen, please meet...

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Leo McGarry, le Chief of Staff, le boss de toute cette charmante bande de Démocrates et conseiller spécial du Président. Il est plus intelligent que le Président, il ne tourne pas autour du pot, il ne parle pas pour ne rien dire et il a un coeur en or sous un extérieur assez sec.

 

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Josh Lyman, celui sans lequel la série serait bien fade. Le Deputy Chief of Staff  (le second de Leo) et le directeur de campagne présidentielle. Mon chouchou (ahem) Il a un sens de l'humour qui me fait éclater de rire très (trop) souvent et met imanquablement les pieds dans le plat. Il a une profonde admiration pour Leo et lui est incroyablement dévoué.

 

 

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Sam Seaborne, le sous-directeur de communications de la Maison-Blanche (le second de Toby), le beau gosse de l'équipe, celui qui rédige les speeches du Président. Diplomate hors-pair, c'est probablement le "doux" de la bande.

 

 

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Toby Ziegler, Le Directeur de Communication de la Maison Blanche, le bougon, le râleur, le renfrogné (mon deuxième chouchou) Il est également chargé de rédiger les speeches du Président, ce qui donne lieu à des scènes d'anthologie entre lui et Sam. C'est un profond philanthrope sous ses airs amers et cyniques.


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C.J Cregg, la secrétaire de presse de la Maison-Blanche. Un travail épineux. Souvent prise entre deux feux, C.J doit jongler entre ce qu'elle sait, ce qu'elle est autorisée à dire et ce que les journalistes savent. Il est souvent question de confiance quant à C.J mais c'est une femme loyale et honnête qui se révèle attachante et très drôle au fur et à mesure des épisodes.

 

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Donna Moss, l'assistante-sécretaire de Josh. Tous les deux forment un couple qu'on croirait marié tant l'alchimie est grande. Leurs échanges contribuent beaucoup à nous faire comprendre ce qu'il se passe au cours des épisodes puisque Donna pose tès souvent les questions qui nous brûlent la langue. Donna et Josh sont aussi un des forts éléments comiques dans la série. La preuve en son et en images.

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Charlie Young, l'assistant personnel du Président. Discret mais avec des opinions et des idées bien arrêtées, il est parfois plus utile auprès du Président que ses conseillers. Il sort avec Zoey, la cadette du Président.

 

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Le Président, Jed Bartlet est un personnage fort qui peut être assez horripilant par moments. Il est parfaitement conscient que Leo McGarry, le chef du staff de la Maison Blanche, son bras droit et meilleur ami est plus intelligent et compétent que lui, ce qui donne une touche humaine à ce personnage qui est capable d'exploser de rire puis de colère en quelques secondes. Démocrate convaincu, il ne fait cependant pas l'unanimité dans son propre parti.

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The West Wing est assez idéaliste par moments mais sait rester réaliste malgré tout. Les rivalités entre Républicains et Démocrates ne sont pas le seul obstacle que rencontrent les personnages. Chaque épisode révèle une facette du monde politique américain et c'est de plus en plus intéressant au fur et à mesure des épisodes. Je pense que c'est dû au fait qu'on comprend mieux comment tout ça marche et ce qu'il se passe, on devient familier des procédures, du jargon et des protocoles.

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Toute cette joyeuse bande de bosseurs (ce sont clairement des workaholics) sont des personnages très attachants et qui sont capables de me faire élater de rire très très souvent. Je ne me lasse pas de cette scène-là.

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La série se risque à approcher des sujets polémiques qui provoquent des scissions au sein même de l'équipe: les armes, les homosexuels dans l'armée, la peine de mort, l'éducation sexuelle, les drogues, la dette des pays Africains, la situation délicate du Moyen-Orient, la prière obligatoire ou non à l'école... Chaque personnage permet bien évidemment d'apporter des idées et des points de vue différents. On comprend que même si le Président voudrait agir comme l'homme le voudrait, c'est le politicien, soucieux des opinions, des tendances et du Congrès qui doit choisir et agir. C'est épineux et délicat la politique. Il ne faut pas jouer au plus malin même si c'est très très très drôle. Si si!
Une très bonne surprise que cette série. Elle a quelque chose de différent des séries auxquelles nous sommes habitués et elle réussit le pari de m'intéresser aux dessous de la politique, chose qui ne m'attire pas du tout. Attention, elle a un fort potentiel addictif.
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jeudi, 20 août 2009

Où ce qui suit est inutile et donc important

Étant d'un naturel généreux et comique, je ne peux pas résister à partager cette vidéo. J'en souris encore. Ça ne parlera pas à tout le monde mais je pense qu'il y a plusieurs degrés d'appréciation, comme pour la bière, le vin et les blagues Carambar.

Sans transition ni rapport, j'ai fait l'acquisition de

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Ça ne compte pas: c'est un livre du Discworld (il me les faut tous, donc un de plus, ça compte pas) et je l'ai acheté à l'Oxfam bookshop sur la highstreet du quartier. C'est pour une bonne oeuvre, ça ne compte donc doublement pas.

mardi, 18 août 2009

Je persiste, signe et rempile avec Harlequin, le champion de l'amour, du shopping et du kama-sutra

19739400_1414481.jpgAlors qu'elle s'apprête à pénétrer dans l'hôtel particulier où se tient le gala inaugural de la semaine dédiée à la haute couture, Kimi est interpellée par un homme qui se prétend photographe, et qui lui demande de l'aider à entrer dans le saint des saints de la mode. Surprise, elle le détaille du regard : vêtu d'un vieux jean et d'une veste militaire, avec son appareil photo autour du cou et ses cheveux en bataille, il n'a à l'évidence aucune conscience des codes en vigueur dans le milieu glamour et chic où il cherche à s'introduire ! Mais si elle n'a jamais vu d'homme aussi mal habillé, elle n'en a jamais vu non plus d'aussi sexy. Car avec ses airs de baroudeur, cet inconnu incarne la virilité, et il a une manière de la regarder qui la trouble délicieusement. Alors, puisqu'elle va devoir passer une semaine à couvrir les défilés dans un monde presque exclusivement féminin, pourquoi ne s'offrirait-elle pas cette compagnie aussi inattendue. qu'excitante ?

Mon petit coeur, à peine remis de ses émotions géographiques et littéraires causées par le grand méchant Harlequin Historique, j'ai décidé de persister avec un Harlequin Audace. Ooouuuh! Heat, calor, sexe? Tout ça. Et entre, beaucoup de littérature. Bien sûr.
L'héroine n'est plus blonde. Forcément. La collection nous promet du sexy et de l'osé, l'héroine est donc brune. Et moitié Italienne aussi. Harlequin est un petit cochon coquin et il aime les clichés. Puisqu'il les aime tant, la belle, brune, sexy et jeune (28 ans) Kimberley surnommée Kimi rencontre Holden, un homme dont l'apparence a tout de viril (graou!)

Kimi est rédactrice en chef d'un magazine américain fictif qui est l'équivalent de Vogue. Oui, à 28 ans. Non, on ne veut pas savoir ce qu'elle a fait pour obtenir le poste. Harlequin s'est montré très discret sur le sujet de toute façon. Kimi est donc à Paris pour couvrir l'Événement fashion de l'année: la semaine de la mode. On doit y dévoiler la robe de mariée créée par une pointure de la haute couture pour une actrice américaine (qui ressemble à s'y méprendre à Angelina Jolie) Par hasard (il fait bien les choses celui-là) Kimi rencontre Holden, un photographe qui ne connait rien à la mode et qui a l'air échappé d'un trekking dans les Alpes.

Kimi décide de le prendre sous son aile et lui révèle quelques tuyaux importants pour survivre dans ce milieu de requins qu'est la haute-couture. De fil en aiguille (au bout de 5 pages) Holden lui confie qu'il n'est pas photographe mais agent secret, chargé d'éviter un vol de robe pendant cette semaine. Un réseau de voleurs s'amuse à voler une robe par défilé depuis quelques temps et Holden doit empêcher le prochain vol et tenter de démasquer les coupables (ils ont de ces priorités aux services secrets américains...) Je passe sur l'absurdité de la confiance qu'Holden place en une femme qu'il connait depuis trois heures et un verre en terrasse pour me concentrer sur le reste ô combien palpitant des pages de ce livre.

Holden est l'archétype (suis-je bête, c'est un Harlequin que je lis) du Mâle: il n'aime pas les fringues, il se fout de ce qu'il porte et il adore les talons et les dessous de Kimi qui, elle, est l'archétype de la fashionista, accro de shopping et au courant des dernières tendances qu'elle porte. Elle assouvit son fantasme ultime en jouant à la poupée avec Holden: il n'a pas la garde-robe qu'il faut pour passer un photographe de mode, elle va donc l'amener faire les boutiques (que des marques bien sûr) pour l'habiller. Le soir, elle le déshabille, il la déshabille et ils en viennent à ce à quoi ils pensent toute la journée. Kimi est rédactrice en chef DU magazine mode et Holden doit mettre la main sur un réseau de voleurs mais visiblement, faire des galipettes et du shopping, c'est beaucoup plus prenant. Holden est un Homme, un vrai. Il aime faire de la randonnée, vivre dans la nature, pisser contre un arbre et prendre des pumas en photo. La vie à Paris ou à New-York, très peu pour lui. C'est l'antithèse pure et simple de Kimi.

Sans compter que Kimi tombe par hasard sur son père. Le classieux et bel aristocrate Italien qui a séduit sa mère et est ensuite retourné vivre en Italie. Kimi apprend donc à connaitre son père... et sa demi-soeur. Tout le monde se fait des câlins et tout le monde devient super pote et ils vont tous ensemble acheter de la lingerie pour les filles. Oui dans Harlequin, il y a aussi des scènes surréalistes. Tout ça dans la même semaine donc. Le must, c'est que, bien sûr, Holden et Kimi parviennent à découvrir les méchants voleurs et à les arrêter. Forcément. Mais tout ça, par contre, dans les 30 dernières pages.

Bien entendu, tout cela est entrecoupé de scènes muy caliente au cours desquelles Kimi et Holden font des galipettes sans jamais utiliser deux fois la même position (merci Harlequin pour les détails, very picturesque indeed) et toujours en atteignant des summums de plaisir. Elle en a de la chance la Kimi, c'est jackpot-bingo-gros lot à chaque fois. Enfin, c'est grâce à Holden, évidemment, qui sous ses airs de baroudeur est en réalité, un Indiana Jones du Kama-Sutra, un James Bond du sexe, bref une bête. Au moins, tout ça nous évite les inepties débitées à longueur de dialogues dans les Historiques.

Ma deuxième expérience avec Harlequin, le champion de l'amour, s'arrête avec ces Instants volés (enfin pas pour tout le monde) car je n'avais commandé que deux livres et que mon pauvre cerveau n'est pas habitué à tant d'émotions et de culture littéraire. Si je meurs demain, ce sera en ayant connu l'extase que procure Harlequin, le champion de l'amour, du sexe, de la géographie, de la littérature,  du shopping, de la mode, de la traduction et de la poésie.
C'est trop pour un seul homme.
Pauvre de nous.

 

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lundi, 17 août 2009

L'album du mois d'août (voire de l'année)

Je l'attendais tel le Graal et il est là: le nouvel (et troisième album) des Arctic Monkeys. Il passe en boucle depuis déjà 3 semaines. Les Monkeys et moi entretenons une relation passionnée depuis mai 2006, mois où je les ai vus en concert dans une toute petite salle, où le batteur a signé mon t-shirt jaune Petit Bateau qu'en vraie groupie je n'ai pas lavé depuis (pas porté non plus, je vous rassure) et où j'ai pu jouer au foot quelques minutes avec eux. Une soirée mémorable à l'époque où le groupe de Sheffield n'était pas aussi connu qu'aujourd'hui. Une soirée qui fut le point de départ de tout entre eux et moi donc (comment c'est bien amené tout ça) Je les aime d'amour (au cas où ce n'était pas évident)

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Humbug, le nouvel album des singes anglais est plus qu'étonnant. On reconnait le style Monkeys d'Alex Turner (chanteur, guitariste, parolier-compositeur et leader) mais on sent l'influence des Queens Of The Stone Age qui ont coaché les Arctic Monkeys sur cet album. Le style est plus mature, plus soigné et on ne peut que constater la fulgurante évolution du groupe au cours des trois dernières années. La voix d'Alex a gagné en maturité en assurance; les riffs de guitare ressemblent enfin à des riffs de pros et la batterie a trouvé un nouveau rythme, même si le batteur a toujours été au top pour moi dans ce groupe.

Les quatre garçons ont trouvé l'équilibre parfait pour cet album. Le deuxième album, Favourite Worst Nightmare, était bon mais un peu trop répétitif par instants. Il sonnait aussi très pop. Humbug est définitivement rock, un son lourd,mais incroyable des envolées puissantes et qui prennent aux tripes. Leurs morceaux sont beaucoup plus adultes, tant dans les paroles que dans la musique que dans la manière de jouer le tout. Je sus bluffée. Ils jouent dans la cour des grands maintenant. Continuez les enfants!

J'ai hâte d'aller les voir en concert. Maintenant que je vis en Angleterre, je vais pas me priver. Je me prépare à du changement. La dernière fois que j'ai vu les Monkeys, ils ressemblaient à ça et ça donnait ça.

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Aujourd'hui, ils ressemblent à ça et ça donne ça.

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jeu de la petite erreur: un Monkey bassiste a quitté le groupe en 2006, un autre a pris sa place, qui est-ce?

Aucune déception pour Humbug. Mais une surprise, une très bonne surprise. S'ils continuent comme ça: ces singes là resteront dans les annales du rock anglais. Ils y sont déjà pour moi.

samedi, 15 août 2009

Inglourious Basterds - Quentin Tarantino 2009

poster.jpgDans la France occupée Shosanna Dreyfus assiste à l'exécution de sa famille juive par le colonel nazi Hans Landa. Shosanna parvient à s'échapper et se retrouve à Paris où elle se construit une nouvelle identité en tant que gérante d'un cinéma.
Ailleurs en Europe, le lieutenant Aldo Raine forme un groupe de soldats juifs spécialisés dans des actions ciblées et risquées. Connus sous le nom de « The Basterds », Raine et ses hommes vont faire équipe avec l'actrice allemande et agent-double Bridget von Hammersmark pour tenter d'assassiner les leaders du Troisième Reich. Ils vont ainsi croiser Shosanna qui mène sa propre vendetta.

Je suis dingue des films de Tarantino. Le dernier en date (avant Inglorious Bastards) Death Proof est passé assez inaperçu. Je ne sais pas pourquoi. Même s'il n'est pas aussi spectaculaire que Kill Bill , aussi superbe et funky que Jackie Brown ou aussi parfait et twisted que Pulp Fiction, Death Proof est un film génial et surréaliste. Il faut le voir.
Passons.

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C'est par hasard que mon English et moi avons appris que l'un des cinémas où nous allons habituellement donnait une avant-première d'Inglorious Bastards samedi. On l'attendait depuis des mois ce film. On se passait la bande-annonce en boucle. Tarantino ne nous a jamais déçu.

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Verdict de Inglourious Basterds? Du Tarantino à la Kill Bill: de la vengeance, des dialogues dont on gardera des répliques cultes, des situations surréalistes et des acteurs au sommet. Brad Pitt est génial en leader d'une bande de sanguinaires jamais repus du sang Nazi. Diane Kruger small_401173.jpgsmall_401128.jpgest parfaite et classe jusqu'au bout des ongles. Edie Roth est bluffant de violence et de comique. Mélanie Laurent est surprenante de justesse et d'intensité. Mais c'est à Christoph Waltz que ma préférence va: le grand méchant colonel nazi Hans Lada, un personnage excellent qui surprend à chaque scène et interprété de manière absolument royale. Je ne connaissais pas cet acteur mais je veux le revoir et j'exige un Oscar pour sa performance! Il a reçu la Best Performance à Cannes et il la mérite très largement.

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pic-64926.jpgComme d'habitude avec Tarantino, il faut avoir le coeur bien accroché. Ça flingue, ça gicle, c'est cru et ça tranche dans le vif (je ne parle pas au sens figuré, bien entendu) Les dialogues alternent le français, l'allemand et l'anglais et ça donne une dimension réaliste dans un film qui ne l'est pas inglourious-basterds-7.jpgdu tout. Hitler a l'air d'une espèce de bouffon survolté et la courte apparition de Churchill ne le flatte guère. Les personnages sont soignés et la violence on ne peut plus sanglante et gore reste tarantinienne: imposisble de ne pas sourire et rire tout en grimaçant.

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Le seul bémol reste la bande originale, trop proche de celle de Kill Bill. J'avoue être déçue car s'il y a bien quelque chose qui ne me déçoit jamais chez ce réalisateur, c'est bien les musiques de ses films. Tarantino excelle dans l'art de narrer les inglourious-basterds-11.jpghistoires de vengeance et Inglourious Basterds ne déroge pas à la règle. Contrairement au joyeux foutoir qu'est Pulp Fiction, on voit où l'histoire et les personnages nous emmènent... jusqu'à un certain point.
C'est justement là que c'est bon et que j'ai éclaté de rire (pour la énième fois) en inglourious-basterds-9.jpgapplaudissant juste après la dernière réplique: "This might just be my masterpiece."

 

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Je ne dirai pas que c'est là son chef-d'oeuvre (ça restera Pulp Fiction pour moi) mais Inglourious Basterds n'en reste pas moins un superbe film, mené de main de maître et interprété par des acteurs tous aussi brillants les uns que les autres.

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Bande annonce d'Inglourious Basterds qu'il est inutile que je recommande plus que chaudement tellement ce film est BON.

vendredi, 14 août 2009

Harlequin, le champion de l'amour, de la poésie, du style, de la traduction et de la géographie m'a emportée plus loin que n'importe quel fantasme brûlant au fond du fond de moi-même

9782280850773FS.gifAngleterre, 1816. Depuis la disparition de leurs parents, Caroline Anstretton mène arec son frère Thomas une vie d'aventures. Ravissante et fine mouche, Caroline excelle aux jeux de la séduction, ce qui lui permet de profiter des labeurs de riches prétendants sans avoir à partager leur lit. Un jour, pour décourager un vieux barbon, elle lui raconte qu'elle a couché avec le duc de Penborne, et que ce dernier est un amant si exceptionnel qu'elle place désormais la barre très haut. L'histoire revient aux oreilles de l'intéressé qui, poussé par la curiosité, profite d'un bal pour rencontrer sa prétendue maîtresse et lui faire une indécente proposition...

Mon premier Harlequin et je ne sais pas par où commencer. Passer d'un magnifique On Chesil Beach (Ian McEwan est dans mon Panthéon, c'est confirmé) à ça, c'est... surréaliste.
Caroline, blonde (forcément) est orpheline et il ne lui reste que son frère jumeau, Thomas. Ils cachent un terrible secret: Thomas a tué (avec un buste en marbre, s'il vous plaît) un noble qui tentait de violer sa soeur. Ils ont donc fuit la France pour s'installer en Angleterre. Caroline a une très mauvaise réputation, en gros aujourd'hui on dirait que c'est une salope. C'est crû, mais c'est la vérité. A l'époque on disait femme de mauvaise vie ou courtisane.
Thornton Lindsay, duc de Penborne est un ancien espion au service du roi d'Angleterre. Il est grand, ténébreux, mystérieux et tourmenté. Vous avez dit cliché? Non, il n'est pas beau. Haha! Harlequin est bien plus malin que ça. Thornton Lindsay est couvert de cicatrices, souvenirs de guerre. Un sorte de Ken avec un côté Action Man. Forcément Barbie Caroline est attirée. Il la veut, elle a besoin d'argent: elle accepte de se vendre, de se sacrifier, de s'immoler pour offrir à son frère et à elle une vie meilleure loin de cette réputation qui entâche sa vie. Oui dans Harlequin il y a aussi des envolées lyriques.

Mais ce que Thornon Lindsay (alors pendant 100 pages, ça a été Thornton Lindsay après ça a été Lindsay Thornton après re Thornton Lindsay, Harlequin c'est de la grande traduction et une relecture attentive du texte avant de l'imprimer, visiblement) Donc, je reprends: ce que Thornton (appelons le Thornton, hein, ça ira plus vite) ne sait pas c'est que Caroline est vierge. Elle n'est pas courtisane, elle feignait de l'être. Elle va donc vendre sa viriginité. Han! Il l'achète pour toute une nuit d'amour. Ça commence par un dîner, soyons civilisés. C'est là qu'Harlequin, page 57, a eu cette comparaison merveilleuse: Hélas, le vin rouge se répandit sur la nappe blanche, comme sur la chemise d'un homme blessé à mort. Du sang sur la chemise d'un homme blessé à mort, je veux bien, mais du vin... Y'a eu comme un bug soit dans l'écriture, soit dans la traduction. On trouve aussi: il était homme d'ordre et de discipline, ce qu'elle n'était pas du tout. J'ai envie de dire, heureusement pour elle. Etre quiche est déjà un fardeau assez lourd à porter pour Caroline, si en plus c'est un homme.

Bref. Caroline vend donc sa viriginité pour une nuit d'amour et une coquette somme d'argent. Et là, mesdames et mesdames, Harlequin, le champion de l'amour, nous fait avaler que Thornton ne se rend même pas compte que la demoiselle est vierge. Comme vous êtes étroite (tu m'étonnes!) est son unique commentaire. Rhalala, il est fort cet Harlequin!
Caroline, monnaie en poche, quitte donc Londres avec son frère et s'installe dans un charmant petit village à côté de Bristol. Point géographique crucial pour le reste de l'histoire. Pour que tout le monde visualise bien, j'illustre mon propos

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Tout le monde situe bien Bristol sur la carte? (d'ailleurs, j'habite à Birmingham, si vous voulez passer faire un petit coucou) Bien. Caroline et Thomas vivent donc à Campton... avec le fils de Caroline, le petit Alexandre. Han! Et oui, la pauvre, sa première fois et paf! en cloque. Que de rebondissements et de palpitations. Elle s'y cache sous une autre fausse identité, elle joue le rôle d'une veuve. De fil en aiguille, Thornton quitte son château de Penleven (non, ce n'est pas à côté de Plougastel ou de Pont l'Abbé même si ça sonne très très très breton) en Cornouailles pour rendre visite aux nobles de Campton. Thornton est donc de Cornouailles. Deuxième point géographiquement important. Pour que tout le monde situe bien, la Cornouailles, c'est au sud-sud-ouest, vers Newquay.

Ce qui doit arriver arrive: Thornton et elle se retrouvent, ils sont toujours attirés l'un par l'autre. Forcément, c'est la trame de fond, en même temps. Il est furieux de découvrir qu'elle lui a caché son fils (des dialogues dignes des meilleurs scènes des Feux de l'Amour, j'en suis encore toute émotionnée) Caroline, elle, a peur qu'il ne lui prenne. Je passe sur des merveilleuses pages de littérature pour en venir au moment où, pour protéger Thomas, Caroline et Alexandre, Thornton leur demande de s'installer dans son château de Penleven, en Cornouailles donc. Là où il est fort Harlequin, c'est qu'il les fait voyager, en carosse donc, de Campton en Cornouailles en quelques heures. Et figurez-vous que, chez Harlequin, la Cornouailles c'est... en Ecosse. Oui oui. Thornton est Ecossais. Mais de Cornouailles hein, attention, ne confondons pas. On a le droit de poursuivre Harlequin en justice pour violation de géographie basique?? Donc, en gros, se taper Bristol-l'Ecosse en carosse, ça prend quelques heures. Et Caroline qui se plaignait du temps que ça prenait, tsss, ces blondes alors. Je crois que le summum fut atteint quand, en promenade le long des falaises écossaises de Cornouailles, Caroline voit un navire au loin et que Thornton lui précise que c'est un navire qui relie Londres et New-York. Je peux même pas faire de commentaires.

Non contente de réviser ma géographie, je me suis amusée à relever les preuves d'un style d'écriture digne des plus grands: Guy de Lérin avait compris, trop tard, que Caroline n'était pas disposée à s'abandonner aussi facilement que d'autres, et que d'autre part, ils sont très forts les liens entre les jumeaux.
J'ai vibré, comme jamais je n'avais vibré: La nuit régnait dans la chambre comme dans son coeur.
J'ai frémi: Ses doigts effleurèrent les lèvres de la jeune fille, les trouvèrent chaudes, humides. Comme elle?
J'ai été emportée: Et nous serons toujous ensemble, dans le médaillon, comme dans la vie.

Autant de poésie, autant de style, moi ça me dépasse. Heureusement que l'happy end m'a sauvé du désir brûlant (le désir est toujours brûlant) de Thornton qui n'a, en réalité, et après des pages entières consacrées à sa vie de sacrifices, de terribles souvenirs et de cicatrices, que 28 ans. On lui en aurait donné vingt de plus mais Harlequin te surprend toujours là où tu ne t'y attends pas. Mais pas trop trop non plus. Il y a des choses qui ne changent jamais: comme les résolutions que prend Caroline, toutes les deux pages, de ne plus jamais succomber aux charmes de Thornton. Et puis il suffit que, toutes les quatres pages, il lui prenne un sein pour qu'elle décolle. La blonde Harlequinesque est une créature qui, j'ai remarqué, se retrouve très vite dans un état de désir sexuel intense. Un sein effleuré et pouf pouf! la voilà sur le dos.

Entre trois scènes imbibées d'un pathos affligeant et deux scènes de tentatives de galipettes, Thornton essaie de découvrir le secret des origines de Caroline et Caroline comprend petit à petit que le passé de Thornton est mêlé au sien et qu'elle est en danger. L'intrigue "historique" est rabâchée tous les chapitres, de la même manière (au cas où on ait du mal à suivre) et Harlequin nous rappelle combien la peine de Thornton est grande: il a perdu sa femme et la pleure depuis de longues années (je rappelle qu'il a 28 ans, sa vie est foutue quoi, pauvre vieux) Tout se bouscule dans les deux derniers chapitres où on nous explique ce qu'on avait déjà deviné. Oh non, on avait deviné! Le méchant, ô surprise, on l'avait pas vu venir celui-là, est démasqué et Caroline repleure. Je  ne sais pas pourquoi les héroïnes Harlequinesques sont si promptes à verser des larmes pour un rien. Le trop plein d'émotions sans doute...

Mais tout est bien qui finit bien, Barbie Caroline épouse Ken Thornton et tout rentre dans l'ordre dans le château écossais de Cornouailles. Vivement mon second Harlequin pour me remettre de tant d'émotions littéraires et géographiques.

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mercredi, 12 août 2009

On Chesil beach - Ian McEwan

xl_On_Chesil_Beach-Ian_McEwan.jpgÉté 1962, Edward et Florence viennent de se marier. Il sont jeunes, ils sont vierges et ils appréhendent tous les deux leur nuit de noces pendant qu'ils partagent leur dîner, dans un hotel sur la côte. Edward a peur de ne pas assurer et Florence est dégoûtée à l'idée de faire l'amour et d'être touchée par son mari.Ce qui va se passer ce soir-là va changer leur vie...

Comme d'habitude, j'ai pris une claque en lisant un McEwan. A chaque fois, cet auteur me laisse pensive, un rien retournée et admirative. Comme d'habitude, j'ai refermé un McEwan en me demandant "et si?" et en pensant à toutes les variables qui étaient là. Un grand roman bien que très court. Mc Ewan parle de l'intimité des êtres humains: on partage les pensées et les émotions des deux personnages, on découvre leur enfance et leur jeunesse et tout ce qui a contribué à faire d'eux ce qu'ils sont et ce qu'ils ressentent en ce soir si particulier pour eux.

Florence a grandi dans une famille aisée où les plats les plus simples sont raffinés. Ses parents l'ont élevée avec une certaine culture et une très grande conformité. Elle n'a pas connu l'amour maternel, elle ne parle pas d'elle ou de ce qu'elle pense vraiment avec ses parents. Chaque pensée, chaque sentiment, chaque émotion est soigneusement refoulé, confiné, nié. Elle n'a pas l'habitude d'étreinte, d'embrassades ou de quelconque démonstration physique d'affection. La seule passion, le seul amour au sens littéral du terme pour Florence c'est la musique et le quatuor à cordes qu'elle a créé pendant ses études universitaires. Les seuls moments où Edward la voit s'animer sont ceux pendants lesquels elle joue du violon et parle de musique.

Edward vient d'une famille  modeste unie et aimante. Sa mère (qui porte mon prénom, c'est frachement la classe de voir son prénom revenir sur plusieurs pages dans un Mc Ewan. OK parenthèse hors-sujet refermée.) souffre d'un léger dérangement cérébral et son père et lui peuvent parler ouvertement. Edward se pose beaucoup de questions et est réellement amoureux de Florence, même si sa demande en mariage semble provenir d'une frustration sexuelle et d'un désir de pouvoir enfin faire l'amour avec elle.

Les événements, les pensées, les actions, les non-dits et les discussions de cette soirée amènent Florence et Edward à se rendre compte qu'ils ne se connaissent pas. Elevés dans l'après-guerre, ils ont en commun de ne pas partager et de refouler toustsentiment, toute pensée qui se voudrait intime. Deux jeunes mariés arrivent à l'hôtel mais c'est deux inconnus qui se confrontent, quelques heures plus tard, sur la plage de Chesil. Florence et Edward n'ont pas vécu et commencent à peine à se connaître eux-même quand ils comprennent qu'il est trop tard et qu'ils sont mariés. Le devoir est quelque chose qui pèse trop lourdement sur les épaules de Florence; l'incompréhension d'Edward n'aidant pas, McEwan propose alors une issue comme il aurait pu en proposer une autre. Tout se joue en quelques heures mais eu quelques secondes aussi, sur cette plage, entre un homme et une femme qui sont terrorisés par ce futur dont ils doivent décider. C'est d'ailleurs le leitmotiv de ce roman: le fait que ce sont eux, maintenant, qui sont responsables, eux qui prennent les décisions et cela est trop soudain et trop écrasant.

What if est ce que je n'arrêtais pas de me répéter après avoir refermé ce superbe livre. Tant de possibilités, tant de variables à portée de main pour Florence et Edward. Est-il possible de jouer toute une vie en une soirée?

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