mercredi, 12 août 2009

On Chesil beach - Ian McEwan

xl_On_Chesil_Beach-Ian_McEwan.jpgÉté 1962, Edward et Florence viennent de se marier. Il sont jeunes, ils sont vierges et ils appréhendent tous les deux leur nuit de noces pendant qu'ils partagent leur dîner, dans un hotel sur la côte. Edward a peur de ne pas assurer et Florence est dégoûtée à l'idée de faire l'amour et d'être touchée par son mari.Ce qui va se passer ce soir-là va changer leur vie...

Comme d'habitude, j'ai pris une claque en lisant un McEwan. A chaque fois, cet auteur me laisse pensive, un rien retournée et admirative. Comme d'habitude, j'ai refermé un McEwan en me demandant "et si?" et en pensant à toutes les variables qui étaient là. Un grand roman bien que très court. Mc Ewan parle de l'intimité des êtres humains: on partage les pensées et les émotions des deux personnages, on découvre leur enfance et leur jeunesse et tout ce qui a contribué à faire d'eux ce qu'ils sont et ce qu'ils ressentent en ce soir si particulier pour eux.

Florence a grandi dans une famille aisée où les plats les plus simples sont raffinés. Ses parents l'ont élevée avec une certaine culture et une très grande conformité. Elle n'a pas connu l'amour maternel, elle ne parle pas d'elle ou de ce qu'elle pense vraiment avec ses parents. Chaque pensée, chaque sentiment, chaque émotion est soigneusement refoulé, confiné, nié. Elle n'a pas l'habitude d'étreinte, d'embrassades ou de quelconque démonstration physique d'affection. La seule passion, le seul amour au sens littéral du terme pour Florence c'est la musique et le quatuor à cordes qu'elle a créé pendant ses études universitaires. Les seuls moments où Edward la voit s'animer sont ceux pendants lesquels elle joue du violon et parle de musique.

Edward vient d'une famille  modeste unie et aimante. Sa mère (qui porte mon prénom, c'est frachement la classe de voir son prénom revenir sur plusieurs pages dans un Mc Ewan. OK parenthèse hors-sujet refermée.) souffre d'un léger dérangement cérébral et son père et lui peuvent parler ouvertement. Edward se pose beaucoup de questions et est réellement amoureux de Florence, même si sa demande en mariage semble provenir d'une frustration sexuelle et d'un désir de pouvoir enfin faire l'amour avec elle.

Les événements, les pensées, les actions, les non-dits et les discussions de cette soirée amènent Florence et Edward à se rendre compte qu'ils ne se connaissent pas. Elevés dans l'après-guerre, ils ont en commun de ne pas partager et de refouler toustsentiment, toute pensée qui se voudrait intime. Deux jeunes mariés arrivent à l'hôtel mais c'est deux inconnus qui se confrontent, quelques heures plus tard, sur la plage de Chesil. Florence et Edward n'ont pas vécu et commencent à peine à se connaître eux-même quand ils comprennent qu'il est trop tard et qu'ils sont mariés. Le devoir est quelque chose qui pèse trop lourdement sur les épaules de Florence; l'incompréhension d'Edward n'aidant pas, McEwan propose alors une issue comme il aurait pu en proposer une autre. Tout se joue en quelques heures mais eu quelques secondes aussi, sur cette plage, entre un homme et une femme qui sont terrorisés par ce futur dont ils doivent décider. C'est d'ailleurs le leitmotiv de ce roman: le fait que ce sont eux, maintenant, qui sont responsables, eux qui prennent les décisions et cela est trop soudain et trop écrasant.

What if est ce que je n'arrêtais pas de me répéter après avoir refermé ce superbe livre. Tant de possibilités, tant de variables à portée de main pour Florence et Edward. Est-il possible de jouer toute une vie en une soirée?

Commentaires

Je ne l'ai pas encore lu celui-là. Les livres de McEwan ne me plaisent pas tous : je n'ai pas aimé "Le jardin de ciment" et "Un bonheur de rencontre", par contre "Délire d'amour" est dans mon panthéon personnel, c'est une merveille, je l'ai lu plusieurs fois et ne m'en lasserai jamais je crois. "Expiation" est bien aussi.

Ecrit par : Ys, de retour | mercredi, 12 août 2009

Répondre à ce commentaire

Moi j'aime toujours McEwan, on a le même avis sur lui. Ce roman est superbe, et je suis super jalouse que tu sois en Angleterre... Tu habites où si ce n'est pas indiscret ?

Ecrit par : Lilly | mercredi, 12 août 2009

Répondre à ce commentaire

Je n'ai jamais lu McEwan, c'est fou!!! Pourtant, j'ai quelques livres de lui à la maison! Il va falloir que je me décide!!

Ecrit par : Karine :) | vendredi, 14 août 2009

Répondre à ce commentaire

@Ys: j'ai lu "Atonement" (avant de commencer ce blog, dinc il ne figure pas ici) et "The Cement Garden" et les deux m'ont bouleversée. J'adore cet auteur, troisième roman et il ne mdéçooit toujours pas.

@Lilly: je trouve cet auteur torturé et génial, un auteur pour moi :) (tu as un mail)

@Karine:): Il faut le lire! :)

Ecrit par : Ofelia | vendredi, 14 août 2009

Répondre à ce commentaire

Peut-être que je me trompe (tu me corrigeras si c'est le cas), mais j'ai dans l'idée que McEwan est un auteur particulièrement glauque, et/ou dur à lire (dans le sens où c'est "trash", ou malsain, ou beurk). J'ai juste ?
Parce que, du coup, j'ose pas du tout le lire. Tu me conseillerais un titre, pour commencer en douceur ?

Ecrit par : erzébeth | lundi, 17 août 2009

Répondre à ce commentaire

Dur à lire? Du tout, ça glisse , ça coule tout seul. Glauque? Il peut l'être: "Le jardin de ciment" est très très très glauque. C'est le seul glauque que j'ai lu de lui d'ailleurs. J'ai commencé avec "Atonement", pas glauque, juste dur et triste. Je te conseille celui-là pour commencer. Ou même "On Chesil Beach" il n'est pas glauque et a l'avantage d'être court.

Ecrit par : Ofelia | lundi, 17 août 2009

Répondre à ce commentaire

Merci pour ces bons conseils ! Je commencerai aussi par "Atonement", alors. Ça me tente bien.

Ecrit par : erzébeth | mardi, 18 août 2009

Répondre à ce commentaire

J'ai beaucoup aimé celui-là, et effectivement, on le referme en se disant que finalement, ça tenait à peu de choses... *et si...* tout aurait pu être tellement différent

Ecrit par : Pando | lundi, 24 août 2009

Répondre à ce commentaire

Ecrire un commentaire