samedi, 01 août 2009

Si c'est un homme - Primo Levi

6a00c2252bffcf604a011015e6e4dc860b-500pi.jpgSi c'est un homme raconte l'expérience des camps de concentration des juifs vécue par l'auteur, pendant la seconde guerre mondiale. Il explique, à partir de son quotidien dans le camp, la lutte et l'organisation pour la survie des prisonniers. Tout au long de ce récit, Primo Levi montre les horreurs de la déshumanisation des camps.

Il est très dur de trouver les mots pour parler d'une telle lecture. Ce qui m'a d'abord frappé c'est l'absence totale de pathos dans ce livre. L'auteur a vécu les horreurs qu'il décrit avec un détachement tel qu'on ne s'appitoie pas mais, au contraire, qu'on partage et qu'on ressent (à un très moindre degré, évidemment) l'espèce d'anesthésie qui s'empare peu à peu des prisonniers du camp.

Ce n'est pas une lecture facile dans le sens où c'est  parfois rébarbatif. Primo Levi décrit le quotidien d'un camp de concentration, la routine à la minute près, l'effroyable machine à tuer qui les détruit jour après jour sans que personne n'en parle. On ne parle pas du camp au camp. On ne parle pas de qu'on ressent ou de ce qu'on vit. On ne parle pas de l'innomable, c'est une règle tacite que les nouveaux arrivés apprennent vite et bien souvent à leurs dépends.

Primo Levi parle de ses camarades d'infortune comme de personnes déshumanisées. C'est ça aussi, l'horreur des camps. En dehors du massacre sans nom, les Nazis ont mis en branle toute un système visant à réduire des centaines de milliers d'hommes à l'état de néant. Ils n'existent plus. Ils sont encore moins que les numéros tatoués sur leur avant-bras.

Cependant, Primo Levi se fait de plus en plus humain dans le regard qu'il pose sur les hommes qui l'entourent. Ces hommes qu'ils voient parfois se déchirer entre eux, pour quelques cuillérées de soupe de plus, pour un morceau de pain rassis. Ce qui m'a le plus marqué, ce sont les derniers jours au camp déserté par les Nazis qui fuient devant l'arrivée des Russes. Levi, alors à l'infirmerie avec quelques autres prisonniers, organise une survie impossible. C'est l'hiver, il faut creuser le sol gelé avec ce qu'on peut pour trouver de quoi manger ou pour donner un semblant de sépultures aux malades finalement morts sur leur lit. En lisant ces pages-là, je me demandais comment ces hommes pouvaient encore avoir la volonté et la force de vivre.

Ce livre est bouleversant parce-qu'il relate les faits de manière brute et objective. Pas de faux semblants, pas de larmoyant, Primo Levi se contente de décrire. Paradoxalement, c'est précisement ça qui rend le témoignage si poignant. Parce-que c'est la réalité nue.

 

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Commentaires

une oeuvre magnifique. Impossible de le lire sans mouchoirs.

Ecrit par : esmeraldae | samedi, 01 août 2009

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Je l'avais étudié en terminale...
Quelques mois avant, j'étais allée à Auschwitz en "voyage scolaire". Une vraie claque. Et le livre résonnait beaucoup plus douloureusement avec les images.

(ça me rappelle qu'en parallèle on avait lu et étudié "le joueur d'échecs" de Zweig - tu l'as lu ? une masterpiece aussi)

Ecrit par : Louise | samedi, 01 août 2009

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C'est le genre de livre que j'hésite à lire... j'ai un peu peur de la claque que je risque de prendre...

Ecrit par : Karine :) | samedi, 01 août 2009

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Je repense extrêmement souvent à son "Ne pas chercher à comprendre"...
Un tel livre, ça nous plonge dans l'indicible. (et tu t'en sors bien, j'aurais jamais pu écrire un billet dessus...)
Comme Louise, je l'avais étudié en terminale et ça avait été passionnant. Jamais visité de camp, par contre, même si j'en ai longtemps eu envie. Maintenant, je crains de ne pas m'en remettre.

Ecrit par : erzébeth | dimanche, 02 août 2009

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Je l'ai lu et relu et à chaque fois c'est la même émotion qui m'étreint.
Un livre à faire découvrir.

Ecrit par : Leiloona | lundi, 03 août 2009

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@Esmeraldae: je n'ai pas eu besoin de mouchoirs mais ça m'a retournée.

@Louise: j'ai lu "le joueur d'échecs" en Terminale, grand lecture.

@Karine:): je m'attendais à pire, vas-y.

@Erzébeth: mon billet n'est pas à la hauteur de ma lecture, je n'y arrive pas, retranscrire mes émotions, je suis assez maladroite parfois. J'espère aller visiter les camps un jour.

@Leiloona: Tout à fait d'accord :)

Ecrit par : Ofelia | lundi, 03 août 2009

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Lire le blog en entier, pretty good

Ecrit par : Nina_Tool | dimanche, 20 septembre 2009

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