samedi, 25 avril 2009
The Bell Jar - Sylvia Plath
Esther Greenwood a 19 ans et ses études brillantes lui promettent un avenir non moins brillant. Elle gagne un concours et se retrouve pendant un mois de l'été 1953 à travailler pour un magazine de mode à New-York. Esther est différente des autres lauréates et des autres filles de son âge en général: elle s'ennuie, elle ne trouve pas sa place. Elle rentre chez elle, une fois le mois terminé, et commence pour elle une longue descente aux enfers. Elle ne parvient plus à dormir, à lire, à écrire. Elle ne se lave plus, elle ne sait pas ce que qu'elle veut faire, elle ne voit pas d'avenir devant elle. Par contre, elle sait ce qu'elle ne veut pas être et ne veut pas faire: devenir comme sa mère ou comme ses voisines, ne pas se retrouver prisonnière d'une vie d'épouse et de mère banale, elle ne veut pas de la vie qu'on veut pour elle. De psychiatre inutile en tentatives de suicides râtées: Esther se retrouve dans un asile psychiatrique.
Rien de banal dans l'histoire d'Esther. J'ai assisté à son autodestruction en ayant un sentiment d'anticipation. Je ne m'étonnais pas de voir le chemin qu'elle prenait, je trouvais même ça logique. Esther est une jeune fille extrêmement brillante évoluant au milieu de gens quelconques et rencontrant des situations qui ne sont pas à sa mesure. Tout la blase, tout la lasse. Elle erre dans un monde qu'elle ne reconnait pas et qui ne la reconnait pas non plus. Elle n'y voit rien à attendre, rien à faire ou à espérer. Tout est là mais elle n'en veut rien. Alors elle sombre, elle tombe dans un gouffre qui l'engloutit de plus en plus vite, elle est prise dans une spirale infernale.
Sylvia Plath a mis bien plus qu'un peu d'elle-même dans ce roman qui est quasiment une autobiographie et il m'est très difficile d'en parler. C'est un livre qui ne laisse pas indifférent. On assiste, impuissants, à la souffrance d'une jeune fille que rien ne prédestinait à ça. On subit avec elle la passivité de sa mère, l'inefficacité sidérante du psychiatre, la cruauté des traitements par électrochocs.
Esther est dépressive. C'est une maladie très grave et il est d'autant plus difficile de la comprendre quand on ne l'a jamais vécu. Mais Plath parvient à nous faire vivre au même rythme qu'Esther et c'est justement grâce à ça que The Bell Jar est un livre qui est physiquement et psychologiquement bouleversant. Les moindres sensations, émotions d'Esther sont décuplées par le style tout en fragilité et en réalisme de Plath. Elle fait ça sobrement, ce qui rend le récit encore plus poignant car on reste au plus près de la véracité des faits.
The Bell Jar, qu'on l'aime ou pas, est un de ces livres à lire une fois dans sa vie. Parce-que c'est l'unique roman de Plath (que j'ai encore plus envie de découvrir maintenant) et parce-qu'il et demeurera intemporel et universel.
Lilly aussi a été bouleversée.
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