mardi, 14 avril 2009

What Maisie knew - Henry James

What Maisie knew - Henry James

21TkVyZXZSL._SL500_AA180_.jpgAu divorce de ses parents, Maisie est l'objet d'un jugement de Salomon, coupée par moitié, et les tronçons jetés impartialement aux deux adversaires. Enjeu et instrument de la haine que se vouent ses géniteurs avant d'être rejetée comme un témoin gênant, elle est la spectatrice passive de l'égoïsme des adultes. A travers son regard innocent et lucide, Henry James compose une peinture ironique des passions humaines. Ce roman est le tour de force d'un maître en psychologie, la recréation d'une âme enfantine et du monde qui l'entoure, où l'analyse minutieuse des sentiments, d'une profondeur remarquable, laisse le lecteur émerveillé.

Lire un Henry James c'est une experience litteraire qui met le lecteur au plus pres de l'intimite des personnages. Ici, il s'agit de Maisie. Elle n'a pas vraiment de chance, cette petite fille. Elle se retrouve au milieu de jeux d'adultes qu'elle essaie tant bien que mal de comprendre.
Toute l'action est percue a travers ses yeux, mais le lecteur n'est pas aussi naif qu'elle et comprend vite qu'elle n'est, le plus souvent, qu'un moyen plus qu'une fin.

Ses parents sont les grands absents du roman. Sa mere supporte a peine la presense de Maisie et son pere, qui semble au depart l'aimer, s'en desinteresse vite. Miss Overmore (la gouvernant chez son pere) et Mrs Wix (la gouvernante chez sa mere) sont les seules personnes qui veillent veritablement et tendrement sur elle.
Tout change lorsque sa mere epouse Sir Claude, un homme qui sera en fait un vrai pere pour la petite Maisie; son pere, Mr Farange, epousera Miss Overmore qui changera d'attitude au fur et a mesure des annees. Commence alors un jeu de dupes. Maisie est naturellement douce et fait confiance aux adultes qui l'entourent. Elle ne se rend pas compte que, tres vite, sa mere collectionne les amants, laissant Sir Claude en charge de sa fille. Miss Overmore, devenur Mrs Beale deviendra la maitresse de Sir Claude. Au milieu de tout ca, Maisie entend ces quatre adultes se dechirer en lui racontant tour a tour des horreurs les uns sur les autres. Maisie ne sait plus quoi ou qui croire. Mrs Wix semble etre la seule qui veuille vraiment le bonheur de la petite fille.

Ce qui est paradoxal, c'est qu'ils la considerent tous trop jeune et trop stupide pour comprendre ce qu'il se passe mais qu'il leur arrive tres souvent de lui parler comme a une adulte, en utilisant des expressions trop crues pour de jeunes oreilles. Maisie evolue donc dans microcosme corrompu qui essaie de l'acheter par divers moyens. On se demande souvent pourquoi, si ce n'est par pur egoisme. Maisie est sans arret tiraillee entre son amour pur et franc pour ses parents, ses beaux-parents et ses gouvernantes et ce qu'elle entend et voit. A aucun moment Maisie n'est un objet d'affection ou d'amour; elle est, tour a tour, un objet de haine, de honte, de gene, de marchandage ou de complot.

James est ici bien acide mais aussi bien realiste quant a la bourgeoisie de son epoque. Rien ni personne n'est epargne. Un livre a decouvrir, autant pour le talent de James que pour son heroine, qui en savait plus qu'ils ne pouvaient soupconner.


Livre lu dans le cadre du Challenge ABC 2009

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