jeudi, 05 mars 2009
The Magician's Apprentice - Trudi Canavan
Tessia a entre 15 et 20 ans, elle vit en Kyralia et assiste son père le soigneur du village. Elle n'a qu'une envie: devenir soigneuse. Lord Dakon est le maître des lieux et a un apprenti; Jayan. Un jour, en visite pour soigner un homme chez Lord Dakon Tessia repousse les avances de Takado, un magicien Sachakan; en le repoussant Tessia libère une force qu'elle ne contrôle pas et la vérité s'impose: Tessia est magicienne. Lord Dakon en fait son apprentie. Leur petite vie est bouleversée par une attaque de quelques magiciens Sachakans qui ont un seul objectif: conquérir Kyralia qui a autrefois appartenu au puissant Empire Sachakan.
Une longue période de combats et de découvertes commence.
Je suis une fan de Trudi Canavan: ce n'est pas nouveau. Ce livre est situé chronologiquement des centaines d'années avant la trilogie du Magicien Noir. Dans The Magician's Apprentice: pas de Guilde des magiciens mais une pratique de la magie noire (pratique tabou et interdite dans la trilogie du Magicien Noir) Les apprentis magiciens sont confiés à des magiciens noirs, Kyralia est gouverné par un roi, lui aussi magicien. Les soigneurs ont leur Guilde mais ne sont pas magiciens. Trudi Canavan voulait, à travers ce livre, éclairer certains points récurrents de la trilogie du Magicien Noir: pourquoi Sachakans et Kyrlians se détestent-ils? Pourquoi la magie noire est-elle interdite alors qu'elle était pratique courante? Comment le luxuriant empire de Sachaka est-il devenu une terre de désolation? Comment est née la Guilde des magiciens.
Vaste projet donc et vaste livre.
Mon avis est mitigé, mais je pense que c'est dû au fait que j'ai lu The Magician's Apprentice deux semaines après avoir refermé le dernier tome de la trilogie du Magicien Noir; le break n'a pas été assez long.
Les points -:
- Encore une fois, on a droit à une héroïne. Trudi Canavan ne se décide pas à donner le rôle principal à un homme. Encore une fois l'héroïne va se retrouver sans parents (comme Sonea qui n'avait que son oncle et sa tante; et comme Auraya (de son autre trilogie) qui quitte son village et ses parents pour toujours en devenant prêtresse puis immortelle) Encore une fois l'héroïne est très très empathique et veut se consacrer aux plus démunis. Encore une fois l'héroïne découvre ses pouvoirs magiques par accident.
- Lord Dakon est une véritable figure paternelle pour Tessia; comme l'était Lord Rothen pour Sonea; comme l'était Danjin Spear pour Auraya.
- Le milieu du livre est très très long. On patauge. Les magiciens poursuivent les Sachakans qui détruisent et tuent sur leur passage. Une course-poursuite qui n'en finit pas et où on navigue entre les deux camps.
- Les magiciens Sachakans sont trop caricaturaux: ils ont des esclaves qu'ils utilisent pour la magie mais pas que (ils en abusent et les considèrent comme de vulgaires objets qu'ils cassent quand ils veulent) ils sont méprisants à l'égard des femmes qui n'ont pas le droit à la parole, elles ne sont bonnes qu'à être mariées et à pondre des enfants, ils sont cruels sans aucun motif parfois.
- Les magiciens Kyralians sont trop perçus comme les gentils, comme les pauvres victimes; mais la dernière partie du livre présente un revirement de situation que j'ai beaucoup aimé et qui était nécessaire pour casser ce clivage stéréotypique.
Les points +:
- Une sorte d'héroïne parallèle (néologisme créé par mes soins) arrive en milieu de roman. Stara a une mère originaire d'Elyne (pays plus libertaire que Sachaka) et un père originaire de Sachaka et a elle aussi des pouvoirs magiques (qu'elle cache) Elle a 20 ans passés et vient s'installer chez son père en Sachaka, pensant l'aider dans son commerce, chose qu'elle faisait déjà pour sa mère en Elyne. Mais son père veut la marier et refuse de lui parler autrement que par nécessité, après tout c'est une femme, elle n'est rien. Grâce à Stara on découvre les us et coutumes de Sachakan, la vie des femmes qui n'a rien d'enviable et celle des esclaves.
- Les personnages sont captivants, notament celui de Jayan que l'on voit devenir mature et plus sensible. Tessia est attachante, mais parfois énervante de compassion et d'empathie. Lord Dakon est un personnage intègre et doux.
- L'intrigue se passe dans tout Kyralia, et non plus dans Imardin (la capitale) ce qui était le cas dans la trilogie du Magicien Noir.- *Les magiciens sont moins revêches.
- Le style de Canavan reste le même:simple, sans fioritures, on ne s'en lasse pas.
- L'obsession de Tessia à soigner et guérir les gens la conduira à utiliser la magie et donnera aux magiciens l'occasion d'en faire une discipline.
J'étais curieuse de lire ce livre de Trudi Canavan, c'est la première fois qu'elle ne publie pas une trilogie et je dirai que le résultat est plutôt décevant comparé à ses autres oeuvres. Canavan m'a habitueé à mieux. Il n'est cependant pas recommendé de le lire avant la trilogie du Magicien Noir, mais après; afin de ne pas se gâcher le plaisir des surprises.
J'attend donc, avec une pointe d'appréhension, la sortie de la trilogie qui fait suite à celle du Magicien Noir.
(NB ce roman n'est pas encore disponible en français)
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