samedi, 31 janvier 2009

La onzième souris verte - Christian Poslaniec

sourisverte.jpgChristie Spivac est en vacances. Après avoir résolu successivement les énigmes des treize chats noirs et des douze poissons rouges et publié un nombre considérable de romans policiers pour enfants, il jouit enfin d'un repos bien mérité au Grau-du-Roi, dans la prometteuse rue de l'Amour, en compagnie de la non moins prometteuse Véronique.
Mais voilà, au restaurant Chez Mireille, la cantine de la bande d'amis d'enfance de Véronique, les carafes d'eau se remplissent tout à coup d'étranges messages : des poissons morts, coloriés ou découpés.
Or Séléna, la fille adoptive de Martine, une petite rescapée de Somalie, a disparu. Fugue, accident ou kidnapping ? On dirait que les poissons crevés veulent parler.
Christie Spivac, lui, se tait. Il observe, il réfléchit. Et il part à la pêche, son autre passion. C'est là qu'il découvre que des souris vertes courent dans les herbes autour de l'étang. comme si elles aussi avaient quelque chose à dire sur Séléna...

J'avoue: j'étais un peu sceptique en commençant ce livre. Après avoir lu le résumé sur la quatrième de couverture, je me suis dit "oula, c'est quoi tout ce fatras?" Mais bon, l'illustrateur de la couveture est Yvan Pommeaux et l'auteur Christian Poslaniec (dont je vois le nom apparaître très régulièrement en bossant l'épreuve de français pour mon concours) alors je me suis lancé. Et je ne l'ai pas regretté.
Si j'avais un enfant, un neveu ou une nièce: c'est ce livre que je lui offrirai. D'abord le niveau de langue est remarquable: Poslaniec prend les enfants pour tout sauf pour des cons ou pour des êtres à qui il faut parler comme à des sous-doués. Sans être alambiqué ou pédant, le style est de très bonne qualité et met les enfants en position de lecteur acif, qui réfléchit, qui se pose les mêmes questions que Christie Spivac, qui essaie de décoder les messages des poissons et qui essaie de faire le lien entre les souris vertes, les étangs et la disparition de Séléna.Christie Spivac est un personnage attachant: un ours mal léché qui voudrait passer ses vacances tranquilles, à pêcher, loin des enfants et surtout loin de toute la bande d'amis de sa copine. Malheureusement pour lui, il se révèle bien plus perspicace et bien plus intelligent ques les gendarmes. Les autres personnages sont tout aussi bien construits, notament les enfants.

Le niveau de lecture est élevé: le ton est sarcastique, presque cynique, l'humour n'est pas celui auquel les enfants sont habitués dans la vie de tous les jours, les références fusent à chaque page; et c'est justement en cela que La onzième souris verte est un très bon roman jeunesse. Je n'en attendais pas moins de Christian Poslaniec.

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