lundi, 19 janvier 2009
The Bromeliad - Terry Pratchett
Masklin, Grimma, Granny Morkin et Torrit, quatre Nomes, êtres de forme humaine et hauts de 10 cm, décident, sous l'impulsion de Masklin de quitter leur terrier à proximité d'une aire d'autoroute et d'embarquer à bord d'un camion. Avec eux, ils emmènent la Chose: une boîte noire qui parlerselon le vieux Torrit et dont il refuse de se séparer. Quand le camion s'arrête: ils arrivent dans le sous-sol d'une grande surface où ils découvrent des milliers de Nomes pour qui Dehors n'existe pas et qui croient en Arlod Bros. (1905), le Dieu qui a créée le Magasin. De découvertes en rencontres, d'aventures en aventures, les Nomes s'enfuiront du Magasin qui doit être détruit et Masklin découvrira (grâce à la Chose) qu'ils ne sont pas faits pour vivre sur Terre, parmi les humains, mais sur la planète dont ils sont originaires et que leurs ancêtres ont quitté il y a des millers d'années. La mission de Masklin s'avère difficile: récupérer le vaisseau des Nomes qui flotte quelque part dans l'espace et ramener tous les Nomes chez eux. Un chez eux auquel beaucoup ont du mal à croire.
Si ce roman n'était pas mon premier Pratchett, c'était en revanche mon premier Pratchett dont l'histoire ne ne passait pas dans le Discworld mais dans le monde des humains, notre monde à nous, le vrai. J'y ai retrouvé tout l'humour de l'auteur: notament dans les dialogues des Nomes. Tout au lond du livre, on perçoit notre monde à travers leurs yeux et c'est très très drôle. On connaît évidemment les explications aux problèmes rencontrés par les Nomes et c'est justement cet double point de vue qui donne toute sa drôlerie au roman.
The Bromeliad se compose de 3 livres. Le premier, Truckers, pose la trame et les personnages. Et c'est amusant de constater que les Nomes sont réellement des humains en miniature dans leurs actions, leur façon de penser: par exemple l'Abbé refuse que tout le monde sache lire par peur de ne plus contrôler qui que ce soit, les femmes sont déclarées incapables de lire parce-que leur cerveau surchauffe, etc. Dans Truckers, on assiste à un début d'éveil des Nomes du Magasin par les quatre Nomes du dehors.
Dans le second livre, Diggers, les Nomes s'installent dans une carrière mais comprennent qu'ils vont en être délogés par des humains qui comptent venir exploiter les lieux. Là encore, les Nomes luttent entre eux et contre leurs pensées et leur foi: où est donc leur Dieu, Arnold Bros. créateur du magasin? pourquoi sont-ils là alors que la vie était tellement mieux dans le magasin? Masklin lutte pour faire vaincre la raison sur l'empressement que les Nomes ont à faire confiance au nouvel abbé, un jeune intégriste. Les Nomes décident de lutter contre les humains, pendant que Masklin part avec deux autres Nomes en mission pour appeler le vaisseau dont lui parle la chose.
Enfin, Wings, troisième et dernier livre, raconte l'épopée de Masklin, Angalo et Gurder entre l'Angleterre et la Floride pour ramener tout le monde à la maison. Je n'en dis pas plus...
The Bromeliad m'a beaucoup fait penser à l'Exode biblique et à Moïse tentant de guider les Juifs jusqu'à leur pays d'origine. Ajoutez l'humour de Pratchett, le cocasse des situations et une histoire tellement invraisemblable qu'on y croit et qu'on en vient à se demander si des Nomes ne vivent pas sous notre plancher: et vous obtenez un livre qui certes tarde à se mettre en place mais que vous ne lâcherez pas.
Un avant-goût:
les Nomes conduisant un camion pour fuir le magasin essaient de comprendre les panneaux de signalisation:
"Right, third gear", said Angalo "and a bit faster. Now, what's the sign coming up?"
Grimma and Masklin craned to see.
"Looks like 'Road Works Ahead', said Grimma in a puzzled voice.
"Sounds good, let's have some more fast down there."
"Yes, but" said Masklin "why say it? I mean you could understand 'Roads Doesn't Work Ahead' Why tell us it works?"
The Bromeliad est un bon livre sans autre prétention que divertir et captiver. Le style de Pratchett est là, et même si je pense préférer ses romans du Discworld, j'ai très envie de continuer à découvrir ceux dont les personnages sont en prise avec notre réalité.
Etant une inconditionnelle de Pratchett et même si la fin est prévisible (mais ce n'est pas la fin mais les moyens qui sont beaucoup plus intéressants ici) je recommande ce livre, idéal pour passer un bon moment et rire de notre espèce.
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